La Nouvelle Tribune

Idriss Déby sur RFI : le soutien à Boko Haram se fait par la Libye

Si la lutte contre le terrorisme se déploie dans plusieurs pays africains, à l’instar des pays occidentaux, c’est principalement dans la région du Mali et du Nigéria que se concentre les plus grands foyers de tension.

Dans une interview accordée à la radio RFI, le président tchadien Idriss Déby a abordé plusieurs sujets d’actualité, notamment la lutte contre le terrorisme. 

Le Tchad qui fournit des milliers de militaires pour mener à bien cette lutte en Afrique, n’est pas un acteur à négliger. Le pays dispose de bien d’atouts qui lui ont permis de s’imposer sur le terrain en tant qu’acteur majeur dans la lutte contre le terrorisme.

Au Nigéria, la Libye comme base arrière

Rappelant qu’il a été l’un des premiers à appeler à ne pas détruire la Libye de Mouammar Kadhafi, Idriss Déby a affirmé que cette destruction avait des conséquences bien au-delà du pays. Citant l’exemple du Nigéria qui se bat depuis de nombreuses années contre le groupe terroriste Boko Haram:

La Libye constitue une menace. Le soutien à Boko Haram se fait par des structures terroristes qui sont en Libye et qui ont la possibilité de bénéficier de l’argent du pétrole, de la drogue, de la vente des êtres humains. Cet argent sert à grossir les rangs de Boko Haram, d’AQMI – al-Qaïda au Maghreb islamique -. La menace est réelle.” a prévenu M. Déby.

Une déclaration qui répond aux inquiétudes de bon nombre d’africains qui se demandaient comment un groupe terroriste aussi fort soit-il arrive à résister à autant de pays y compris la première puissance économique du continent.

Concernant le sort de la Libye, il affirme ne pas soutenir un groupe en particulier, en référence aux rumeurs selon lesquelles il soutiendrait le général Haftar. Quant au fils de Kadhafi libéré récemment, M. Déby ne pense pas qu’à lui seul il pourrait résoudre le problème libyen rappelant la complexité de la solution.

Pour revenir à la lutte contre le terrorisme, il soutient que les problèmes de santé de Buhari constituent un frein non négligeable. Les alliés n’ayant pas d’interlocuteur direct au Nigéria.