Bénin : Comment le gouvernement Talon étale ses carences

Bénin : Comment le gouvernement Talon étale ses carences

A l'occasion du Discours sur l'Etat de la Nation ,que n'a-t-on pas entendu en termes de génie civil ,de construction d'un bâtiment ? Tous les députés du bloc de la majorité parlementaire ou présidentielle comme on voudra sont

Où est l’opposition au Bénin

allés de leurs couplets: on a trouvé que le Chef de l’Etat était un excellent bâtisseur qui prenait son temps pour asseoir la fondation de l’édifice en construction. Alors, le Chef de l’Etat est-il un bon bâtisseur ou est-il tout simplement le Chef Chantier, le maître tâcheron à la tête d’autres tâcherons appelés à construire un bâtiment présentant des spécificités pour le confort futur des usagers?

Au bout de près de deux ans de gestion chaotique, on est bien obligé d’appeler notre gouvernement un gouvernement de tâcherons qui travaillent au petit bonheur la chance avec à chaque fois des risques d’effondrements.

Quel Ministère donne vraiment l’impression de savoir où il va?

Quel avenir pour la monoculture du coton

Prenons-les un à un, en commençant par le socle de notre économie. La politique du développement rural  n’a aucune lisibilité. Quelles sont les constantes de notre monde rural en dehors de la monoculture du coton qui draine beaucoup de ressources ? Quel est son impact sur le Pnb du Bénin? Quelle est sa part dans nos exportations et en quoi cette monoculture améliore -t-elle le niveau de vie des producteurs? Quels produits dérivés du coton travaille-t-on à tirer de cette culture pour une valeur ajoutée qui élèverait sensiblement le niveau de revenu et le niveau de vie à la campagne? Prenons l’indice de prospérité qu’est le bâtiment? Le paysage rural est-il en train de changer pour donner plus de développement humain au producteur dans la fourniture des soins de santé ,dans la carte scolaire en zones cotonnières, en électrification des écoles en zones rurales dont il m’avait été demandé en 2008 de faire un projet d’électrification par le solaire pour une cinquantaine d’écoles ? Ce projet a été fait par l’Aberne pour un coût global d’un peu plus d’un milliard qu’on aurait pu trouver auprès de la Banque Islamique de Développement qui nous fait des prêts à des taux d’intérêts dérisoires. Sur une durée de cinq(5) ans ,avec ce projet, le Benin aurait électrifié au moins 250 écoles en zones rurales avec extension possible aux villages où elles se trouvent.

Toujours dans le domaine de la monoculture cotonnière, quel est son impact sur la qualité des sols? Ces sols sont-ils toujours propices à des cultures vivrières sans dangers pour la vie et la sécurité de la nappe phréatique pour la fourniture d’eau propre à la consommation des populations? Les décès intervenus dans certaines zones  du nord après la consommation de la pâte de mais ne sont-ils pas dus à l’excès d’engrais ? On n’a jamais conduit des enquêtes chimiques postérieurement à ces décès parce qu’elles risquaient de révéler des vérités scientifiques préjudiciables à de gros intérêts .

Le coton du Bénin habille-t-il déjà les populations béninoises grâce à sa transformation sur place en tissus et autres articles du corps? A-t-on fait des projections sur la part du marché vestimentaire que le coton béninois pourrait satisfaire en réduisant en proportion nos importations textiles?

La santé : un secteur sinistré

Le secteur de la santé a connu une grève musclée qui a duré deux mois. En dehors des revendications salariales des personnels de santé qui étaient partis en grève, quelles sont les conditions de travail? Nos hôpitaux et autres Centres de Santé sont-ils bien équipés pour permettre que ces personnels formés à grands frais puissent donner le meilleur d’eux-mêmes pour la satisfaction des  besoins en santé des populations? A-t-on fait un bilan global des besoins en équipements des grands Centres hospitaliers du Bénin ? L’Etat devait un minimum de 20milliards au seul CNHU-HKM qu’il a pris du temps à rembourser, précisément après la grève des personnels de santé. Le Chef de l’Etat avait prétendu renoncer à la pénalité de plus Cent soixante deux milliards(162milliards) francs cfa infligée par la Cour de l’UEMOA, je crois. Cette pénalité imposée à l’Etat béninois pour suspension par Yayi du PVI n’aurait-elle pas permis d’équiper tous ces hôpitaux dans le premier trimestre de l’entrée en fonction de ce gouvernement? Qu’en a -t-il été in fine? Tout ce que le Chef de l’Etat a fait virer sur les comptes de ses sociétés hors procédure judiciaire de remboursement par décision du tribunal peut être assimilé à des détournements par trafic d’influence ou abus de pouvoir sur son Ministre des Finances.

Le Chef de l’Etat qui a toujours contracté avec l’Etat aurait pu entrer dans un contrat d’équipement de nos hôpitaux. Talon n’a jamais fait l’aumône ni aux individus ni à l’Etat .Si la façon dont les Béninois se soignent le préoccupait vraiment, ce ne serait pas par affermage qu’il corrigerait les insuffisances et pénuries de nos hôpitaux. A un taux de 3,5 à 5% ses prêts à l’Etat béninois, il aurait réussi à montrer que les solutions aux problèmes de nos hôpitaux n’étaient pas hors de notre portée. Mais Talon n’est pas Sébastien Germain Ajavon qui investit dans le social parce qu’il a de la compassion et de l’empathie.

La lutte contre la pharmacie parterre de nos marchés devait inciter à entrer en coopération avec les firmes fabriquant les médicaments essentiels. Même si les médicaments abusivement appelés faux médicaments causent plus de maux qu’ils n’en soignent ,qu’a fait le gouvernement pour suppléer ce manque de médicaments à la portée de toutes les bourses? Rien! Parce qu’il n’y avait aucune politique alternative à la destruction d’Adjegounlé.Peu d’imagination et de proactivité

On a suivi les efforts de Boni Yayi en matière de constructions de salles de classe au primaire et la gratuité des inscriptions à l’Université.Cela répondait à une politique cohérente de formation des ressources humaines couplée aux Objectifs du Millénaire pour le Développement(OMD) et des Objectifs de Développement Durable(ODD).Il y avait sous Yayi une convergence planétaire pour l’atteinte desdits Objectifs.Aujourd’hui nous n’avons aucun objectif quantifiable sinon l’incantation favorite du Gouvernement de la Rupture,à savoir le PAG -BENIN REVELE dont nous attendons toujours les premiers signes .

Une diplomatie en berne

On aurait pensé que notre diplomatie aurait  fait pâlir de jalousie celle des pays voisins. Erreur! C’est nous qui sommes la risée des autres par l’amateurisme d’un pays qui a eu une longue tradition des organisations internationales. La génération de nos grands-frères Albert Tevoèdjre, Moïse Mensah et j’en passe n’a pas fait de rejetons pour assurer la relève. Si on ajoute à ce hiatus l’invasion du Corps diplomatique par les Talon et alliés sans qualification aucune, on ne peut s’attendre qu’à ces piètres prestations sur la scène internationale.

A un moment donné, le Président Talon a été nommé médiateur dans le conflit togolais alors qu’il n’y a aucun signe de paix dans son propre pays déchiré par des conflits sociaux. Bientôt le Bénin se retrouvera en 1989 ,à la veille de la Conférence nationale faute d’un art des négociations et des médiations qui préservent la paix sociale. Le FSP réclame les États généraux pour retrouver l’harmonie sociale et la joie du vivre-ensemble malmené depuis.

La Pression fiscale qui tue les entreprises

Le Ministre des Finances est un mauvais Ministre dont la seule obsession est la pression fiscale sur tout ce qui peut investir pour accroitre la production de la richesse. En étouffant les opérateurs économiques par l’excès d’imposition, on rend l’atteinte de ses objectifs impossible .Il était plus naturel d’associer les capitaux nationaux à l’atteinte des objectifs communs du PAG. Mais ce gouvernement a poussé sa perversité à vouloir détruire les opérateurs économiques par méchanceté gratuite et haine de Sébastien Germain Ajavon en qui Talon continue de voir l’ennemi.

Il était beaucoup plus ingénieux d’organiser la table ronde des bailleurs nationaux au lieu de courir après les bailleurs étrangers qui ne viendront pas dans un pays à risque .Cela tombe sous le sens.!

Le Chef de l’Etat veut encourager le tourisme par la construction des hôtels et des tatas Sombas qu’on attend toujours alors que deux ou trois opérateurs économiques se donnant la main pourraient prendre ce secteur en charge ,de même que les constructions de classes et d’amphithéâtres seraient prises en main par d’autres opérateurs.

Alors les investisseurs étrangers voyant un pays en effervescence économique bien ordonné viendraient d’eux-mêmes apporter leurs capitaux pour compléter l’effort national. Ce sont les lois non écrites de l’économie mais appuyées sur l’expérience.

De quelque côté qu’on se tourne on ne voit qu’incompétences sur incompétences. Tout s’entretient dans une rigueur scientifique. Chaque arbre produit les fruits selon sa nature comme dit la Bible. L’incompétence ne peut produire d’excellence.

On peut se poser la question sur l’opportunité des salaires politiques à une infime minorité qui  ne fait même pas 1% de la population active du  du Bénin pour  qu’on parle des 1% contre les 99%.Le Ministre des Finances ne fait que ce que son patron lui ordonne de faire mais comme le patron même a des insuffisances ,il fera des sottises qu’il voudra quand même expliquer. Mais que ce soit Romuald Wadagni, ses aînés Abdoulaye Bio Tchané et Pascal Irénée Koupaki,aucun d’eux ne pourra expliquer aux nuls que nous observateurs de la scène politique sommes, que ce sont ces salaires exorbitants  que rien ne peut justifier (sinon que les benéficiaires devront en reverser un certain pourcentage au Chef suprême, faute quoi ils perdraient leurs postes)quand le Smig est à 40.000f et le revenu par tête d’habitant à -$2usa/jour,que ce sont ces salaires hors grille qui vont entrainer l’économie vers le haut .

Leur très contestable interprétation du “trickle-down economy”,l’économie du ruissellement du trop plein des riches ne se justifie guère ici au Bénin car les collaborateurs des Ministres ne sont que des gratte-papiers et non des producteurs de richesse comme les patrons d’entreprises. Au mieux on dira d’eux des ronds-de-cuirs pour rester poli.

Le gouvernement ne se souvient certainement pas des indignés du monde qui se sont appelés les 99% contre les 1%qui se partagent entre eux l’essentiel de la richesse produite. Combien produit le DC ou même le Sgm d’un quelconque Ministère?

René Ahouansou

Professeur de littérature et civilisation américaines

Ancien secrétaire général de Commission nationale pour L’Unesco

Commentaires

Commentaires du site 5
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    Humm…C’est un professeur qui redige un tel chiffon?

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    Azanhouan Il y a 2 semaines

    Hahahaha professeur vous dites? Alors de grâce n’oubliez pas d’où est parti le régime actuel pour prétendre avoir des solutions immédiates à tous les maux Vraiment votre intellectualisme est selon Emmanuel Mouniè, fait de méchanceté et de mesquinerie qui est de nature à retarder le développement du pays

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    Cet article présente une belle description de la situation de notre pays. Merci à l’auteur pour cette description synthétique et précise qui devrait servir de base de réflexion à un travail sérieux de développement de notre pays. Merci à Mr Ahouansou. Comme d’habitude les laudateurs du régime Talon nieront l’évidence. Laissons les dire. La réalité les rattrape déjà.

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    Le professeur de littérature et de civilisation américaine même pas africaine ni béninoise produit quoi.

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    Il faut être celui là pour chercher des mots particulier sans quoi il y a lacune. Il faut qu’il comprenne que son titre n’influence personne tant ses analyses sont vides, sans logiques et non sens