Bénin : Une rencontre Talon et syndicats pour rien!

Bénin : Une rencontre Talon et syndicats pour rien!

Quelle farce encore une fois de plus que cette rencontre entre le Chef de l'Etat et les syndicats.! Dans cette farce c'est le Chef de l'Etat qui a encore fait preuve de cette virtuosité qu'on lui connait de nous faire prendre les vessies pour les lanternes.

Meeting au Bénin: Le FSP fait le procès de la gouvernance Talon et réclame les Etats généraux

Quoi ?Le Patrice Talon que nous connaissons tous qui vient nous donner des cours de Sciences politiques sur la démocratie. Non mais on croirait rêver! Lui Patrice Talon devenir professeur de Sciences Pô pour nous parler de la nature et de la marche de la démocratie, lui qui tord le cou à tous les textes de la démocratie béninoise, lui qui vassalise  corrompt toutes les institutions de la république,lui qui bafoue allègrement toutes les décisions de la Cour Constitutionnelle,  qui est garante de notre Démocratie ? Lui qui est si généreux avec ses sous pour orienter le vote de nos députés  à qui il fait voter des lois liberticides? Lui qui transforme nos législateurs en petits larbins prêts à faire ses volontés et à obéir au doigt et l’oeil !

On écrirait des volumes sur sa prodigieuse capacité à dire tout et le contraire de tout avec le sérieux d’un enfant de chœur ! Non !Qui donnerait la communion à Talon sans confession, aujourdhui ?Le Protocole d’accords avec la Coalition de la Rupture est encore très frais dans toutes les mémoires, un Protocole aux sept engagements qu’il a acceptés, signés et sur la base duquel les 23 autres Candidats l’ont aidé à devenir Président de la république .Mais dès qu’il est parvenu à ses fins c’est -à dire La Marina ,qu’a-t-il fait de ses engagements? Lesquels a-t-il tenus?

Des promesses  sans lendemain

Aucun! Il n’a pas créé les emplois qu’il s’est engagé à créer mais a détruit tous ceux qui existaient dans des liquidations non-autorisées par la loi au terme de l’article 98 tiret 21 qui fait l’objet d’une loi tout changement du statut juridique des sociétés d’État et des entreprises publiques dont il a fait des agences sorties de nulle part, sur les ressources de ces sociétés et entreprises? Celui qui , déclare-t-il aux syndicats ,est “trop pressé”? Il est pressé pour qui? Pour lui-même ou pour le peuple béninois qu’il abuse  si effrontément qu’il cède notre patrimoine à l’étranger sans même nous demander notre avis, cédant le port et l’aéroport respectivement à la Belgique et à la France! Mais pour qui travaille-t-il à la fin? Pour le peuple béninois qu’il ignore si royalement quand il s’agit de ses intérêts ?

Faudra-t-il rappeler la substitution de son PVI aux services douaniers qui deviennent les employés ,spectateurs et receveurs d’ordres au lieu d’être les donneurs d’ordres au nom de l’Etat dont ils sont les services officiels? Quels soucis Monsieur Patrice Talon a-t-il des conditions de vie des populations à qui il demande de serrer la ceinture pendant deux ans mais populations qui crient famine à cause du renchérissement de tous les prix des denrées de première nécessité, au nombre desquelles ,surprenamment on retrouve les intrants pour la culture du coton qui, pour ce que chacun sait, ne fait partie du menu journalier d’aucun peuple, sauf du nôtre ! Par quelles transformations Patrice Talon seul et son Ministre des Finances en ont le secret!  

Faut-il écrire un réquisitoire contre ce Monsieur? Le PCB le fait tous les jours ,tous les jours le FSP dénonce sa gouvernance mafieuse, prédatrice de toute l’économie béninoise. Celui qui a fait du conflit d’intérêts et des prises illégales d’intérêts au sommet de l’Etat son mode de gouvernement? Celui qui substitue sa volonté à celle de la nation , à sa convenance pour ce coup de force contre notre Constitution pour une autre taillée sur mesure pour lui? La rumeur avait couru et court toujours dans le pays et en dehors que les honorables députés ont été payés pour mener cette révision à son terme ,ce qui aurait malheureusement  réussi s’il ne s’était pas trouvé des députés patriotes pour dire “Non!”à l’aventure bonapartiste.

Sauf respect pour la fonction présidentielle que lui-même a désacralisée par la parole donnée mais qu’il n’honore pas, il est vain de chercher à négocier quelque accord que ce soit avec Patrice Talon qui, une fois le dos tourné  foule au pied  ses propres engagements.

Il est de coutume d’appeler  Satan le père du mensonge .Il a un fameux adepte parmi nous par sa tactique de négociations à laquelle les Centrales et Confédérations syndicales doivent  être très attentives. Satan est un dissimulateur qui vous glisse habilement quelques semblants de vérités sur lesquelles vous tombez d’accord et une fois qu’il a noté votre adhésion naïve et innocente à ses demi-vérités ,met en branle son système de démolition de vos certitudes. Patrice Talon ne procède pas autrement mais une fois qu’on maitrise son jeu on peut facilement voir le fil blanc dont ses mensonges d’État sont cousus.

Du retrait du droit de grève

Prenons l’exemple de sa justification du retrait hasardeux du droit de grève .Il faut dire tout de suite que c’est une première tentative d’attaque de ce droit en donnant l’impression qu’il ne s’agit que de deux ou trois corporations qui ne sauraient avoir ce droit et l’exercer comme des citoyens libres d’un pays démocratique. Nos honorabless députés doivent être particulièrement illettrés ou analphabètes pour prétendre qu’ils ne s’attaquaient pas à la pierre angulaire de la Constitution, c’est-à-dire la liberté d’association et d’action syndicale pour la défense des travailleurs. Comme naguère un Professeur agrégé de droit voulait lui aussi interdire les manifestations dans la rue au mépris des dispositions connues de la Constitution. Professeur de droit! Aujourd’hui c’est un autre professeur de droit et des Sciences politiques qui vient nous justifier ce coup de force contre la Constitution qui les gène dans leur velléité de mise au pas de notre peuple .

La méthode lente de l’emmaillotage du monde syndical s’étendra ensuite à d’autres secteurs d’activités, et les uns après les autres tous les secteurs d’activités perdraient le droit de grève et il deviendrait illégal même de se réunir entre travailleurs sans tomber sous le coup de la loi. La tentative avait commencé avec le Ministre des Enseignements Maternel et Primaire sans rappel à l’ordre du Chef de l’Etat. Nous avons déjà vécu cette situation de 1975 à 1989 sous le PRPB, pendant quatorze ans donc où toutes les organisations des  travailleurs étaient les organisations de masse du Parti et tous les dissidents étaient déclarés  des anarcho-syndicalistes et anarcho-gauchistes pourchassés partout et traités comme des ennemis du Parti et de sa Révolution .C’étaient aussi des Béninois qui traitaient d’autres Béninois avec cette cruauté maladive des gens intoxiqués par le pouvoir et les intérêts particuliers et privés. Les grèves dures de 1989 nous ont délivrés de ce monde concentrationnaire .Et nous voulons y retourner nous-mêmes, avec les yeux grands ouverts sous prétexte que c’est le rôle des députés que nous avons élus pour faire des lois qui prétendent avoir le pouvoir nous enlever ce droit de grève.

Il faut être un de scolarisé précoce pour mener ce genre de raisonnement que même le paysan  sur sa terre de Ouinhi ou deTchoumi-Tchoumi répudierait avec le bon sens des gens simples.Il ne faut pas avoir été à Polytechnique pour comprendre que cet acte de retrait du droit de grève est notoirement anti constitutionnel et contraire a l’article 31 de ladite Constitution. Mais nous avons raison quand nous disons que nos honorables députés et leurs commanditaires sont certainement des déscolarisés précoces qui n’ont pas lu toute la Constitution pour se rendre compte que la deuxième partie de l’article 98 stipule clairement  ,entre autres les “Principes fondamentaux” en matière de sécurité sociale, du droit du  travail ,de syndicalisme et de l’exercice du droit de grève. Cela signifie que ces droits doivent encadrés mais pas supprimés.

Je crois discerner d’ici des professeurs d’université, des Ministres de l’ Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, d’anciens Ministres des Affaires Étrangères, d ‘anciens Présidents de l’Assemblée nationale qui connaitraient mal notre Constitution et qui par conséquent seraient disqualifiés pour nous donner des lois s’ils ignorent eux-mêmes la Mère des lois.

La tirade contre Mètongnon,  un lynchage et une immixtion inaceptable

Je m’interroge maintenant sur les qualifications de Patrice Talon à nous donner des cours de droit et de Sciences politiques si ,à propos de l’affaire Laurent Métongnon ,il ignore superbement ce que de sa position de premier magistrat du pays et Président, même honoraire du Conseil Supérieur de la Magistrature il ne devait pas, à savoir la présomption d’innocence .La Constitution est cependant claire limpide là-dessus que toute personne est présumée innocente jusqu’a la preuve de sa culpabilité. On trouvera l’affirmation de cette présomption d’innocence dans le titre 2de notre Constitution du 11 décembre 1990 qu’il a pourtant jure de défendre et de protéger. Donc sa détestable tirade sur le placement des fonds des retraités de la Cnss dans une banque que lui  déclare en faillite mais que la Bceao n’a pas signalée comme telle  ni le Ministre des Finances de l’époque est une navrante immixtion dans une affaire pendante devant les juridictions ,un  lynchage en règle par celui que l’on appellerait abusivement le Père de la nation mais qui prend parti et accuse sans preuves.

Un Chef d’État qui a souci de son honorabilité ne ment pas et ne trafique  pas des preuves contre de paisibles citoyens qui servent leur pays avec honneur, amour et abnégation. Laurent Métognon n’est pas un inconnu au Bénin, il n’est coupable d’aucun délit que le Ministre des Finances soit capable de prouver sinon par  des déclarations sans fondement  pour lesquelles il doit être poursuivi pour diffamation .Je ne négocierais pas avec un homme qui tord le cou à la vérité et sans remords.

Aucune décision de la Cnss n’est inconnue ou cachée au Ministre de tutelle qui est censé recevoir de la Bceao des informations sur la solvabilité ou l’Insolvabilité des banques du pays. A moins d’impliquer ledit Ministre aussi dans ce qu’ils appellent rétro-commissions qu’ils sont incapables de prouver, il faut conclure que l’Etat béninois était devenu fou et auto-anthropophage.

La cession du Parc de la Pendjari est un marché de gré à gré

Monsieur Patrice Talon a-t-il été élu pour gérer la république du Bénin comme une république bananière ou comme sa propriété privée pour céder le parc de la Pendjari par un marché de gré à gré contraire aux textes de la république et de persister à enfreindre les lois dans le domaine? Le Capitaine Trèkpo n’est pas homme à laisser brader notre patrimoine national. Qui a autorisé le concessionnaire sud-africain à construire un aérodrome sur le parc de la Pendjari ,loin de tous regards curieux et inquisiteurs? Qui se porte garant de la totale transparence de la gestion du parc et qui nous assure que le concessionnaire qui a bénéficié de ce gré à gré dans des conditions peu transparentes ne pas enlever notre faune à des fins de trafic que l’Etat béninois n’aura pas autorisé ou qu’on lui cacherait ou dont il se ferait lui-même complice Que le Capitaine déclare que eux des Eaux et Forets empêcheraient toutes opérations de prédation sur nos parcs en bloquant les  pistes d’atterrissage et de décollage de l’aérodrome avec leurs engins c’est ça que le gouvernement de la Rupture appelle sédition? Il faut vraiment être atteint de paranoïa pour aller à ces extrémités.

L’équipée des Capitaines Janvier Assogba, Philippe Akpo et Kitoyi en   1976 dans cette affaire Kovacs était une menace sur l’autorité du gouvernement de l’époque avec le mouvement des chars et autres blindés depuis la base du Sous-groupement d’appui de Ouidah sur Cotonou. Où donc a-t-on déjà vu des mouvements d’engins militaires sous le Commandement du Capitaine Trèkpo sur le siège du gouvernement pour d’abord lui infliger 60 jours d’arrêt de rigueur prolongés ensuite à  90jours suivi de sa radiation de l’armée. Mais quel est le règlement militaire qui a prévu cela? Mes recherches  n’ont pas confirmé cette possibilité de représailles  tout comme si on voulait faire taire un officier qui dérange. Le gouvernement dont on doute de la bonne dans ce contrat de concession aurait pu agir autrement en démontrant que le Capitaine patriote se trompait sur les bonnes intentions de l’Etat et la sanction militaire de 90 jours d’arrêt de rigueur aurait été largement suffisante. Au lieu de cela ils ont frappé fort comme pour écraser un cancrelat. Mais alors d’un autre côté ils ont encensé un autre Capitaine ,le Capitaine de gendarmerie Tchilao qui lui,a diffamé impunément un paisible citoyen de trafic de cocaïne qu’on a été incapable de prouver par la suite .L’Etat béninois est devenu malade sous Patrice Talon plus que sous Boni Yayi.

Où va ce pays quand  le Chef de l’Etat sort de son obligation de réserve pour devenir lui-même le Procureur en chef? La confusion des rôles est une menace  grave sur notre modèle démocratique avec pour principe de gouvernement la rage la ruse le mensonge éhonté.

Publiez le décret sur les salaires des ministres

Avec des trémolos de sincérité feinte dans la voix, ce professeur de droit constitutionnel l’espace d’un après-midi nous jure qu’aucun de ses Ministres ne gagne ce que tout le monde sait déjà qu’ils gagnent et qu’aucun Préfet n’est à ce niveau scandaleux de rémunération qui continue la prédation sur les ressources du pays. Pour être crédible et commencer à nous donner une  idée plus flatteuse de lui il aurait tout simplement suffi qu’il rende public le décret de rémunération des auxiliaires de son pouvoir. On aurait compris alors qu’il est un grand incompris de ses concitoyens au lieu continuer à nous donner l’impression dérangeante qu’on a en  face de soi un farceur au lieu d’un Chef d’État dans la plénitude d’une fonction sacrée..

Maintenant alors on fait quoi à partir de cette rencontre  de la comédie du “faites-moi confiance. Les personnels de la santé  lui avaient fait confiance entretemps mais ont eu à devoir reprendre le chemin de la grève pour se voir retirer ce même  droit de grève. Puisqu’on en  est là, des promesses non tenues, il serait insensé et naïf d’arrêter la grève avant qu’on ait changé le modèle  de dialogue social sincère, transparent et respectueux du travailleur et de la parole donnée. Nous voulons et méritons une démocratie vraie débarrassée de toutes formes de coups de force, de tentatives de confiscation de nos droits et libertés chèrement conquis..On ne nous soumettra pas une forme de gouvernement qui organise la prédation de notre pays au profit d’une poignée de Corsaires sous prétexte qu’on est pressé .Le gouvernement qui travaille pour le bonheur de son peuple fait preuve de compassion et d’empathie s’il n’est pas incapable d’émotions qui font de l’homme l’être social qu’il est.

Si Patrice Talon  ne change pas,  il n’est pas une chance pour le Bénin mais son malheur..Les grèves doivent continuer jusqu’à ce qu’il y ait un nouveau rapport de forces qui remette le pays sur la bonne voie, celle d’une démocratie apaisée assise sur des Institutions qu’on respecte au lieu de les saborder comme on le fait de manière irresponsable de nos jours. Nous n’aurons plus des ‘’Monseigneurs’’ De Souza pour réconcilier la Nation et éviter que “des flots de sang nous emportent” comme au Rwanda qu’on cherche à imiter à tout prix comme des enfants sans cervelle ni intelligence.

René Ahouansou

Professeur de littérature et civilisation américaines

Ancien secrétaire général de Commission nationale pour L’Unesco

Commentaires

Commentaires du site 4
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    Napoléon1 Il y a 1 semaine

    Homme avisé que nous sommes, nous savions d’avance que rien ne sortirait de sincère de cette rencontre Avec Talon.
    Quelqu’un qui se dit Président de la République mais qui ne tient pas à sa parole et préfere rouler les répresentants des travailleurs dans la farine, on ne perd plus de temps pour lui.

    Les syndicalistes doivent cesser de prendre cette Position de l’oiseau devant le Serpent qu’ils prennent face à Talon et lui dire la vérité dans les yeux.

    Quand il leur dit par exemple qu’il n’y a pas un ministre qui soit payé à 16 millionFCFA par mois, il fallait lui demander alors de procéder à la publication des salaires des ministres et des collaborateurs comme cela se fait partout dans le monde.
    Quand il leur dit qu’il est élu pour faire cce qu’il est en train de faire et que d’ailleurs ceci ne diffère pas des promesse de campagne, il fallait lui retorquer, qu’il a prêté serment pour respecter les lois de la Re´publique et qu’il n’avait pas promis de ne pas reconnaître les décisions de la cour constitutionnelle comme ses amis et lui-même crient sur les toits à présent.
    Et quand il leur dit qu’il a travaillé assez dans le privé pour savoir que quand dans une entrprise cela ne va pas, il vaut mieux d’aller chercher les services d’une délégation pour obtenir une meilleure performance. Il fallait lui répondre, qu’il ne saurait diriger un pays comme une entreprise. Pour la République, ce n’est pas le bilan avec Bénéfice en FCFA qui est l’objectif primo mais le bien être des poppulations.
    Il fallait aussi lui dire que la situation telle qu’il a fait établi au port, est inadmissible et inacceptable et que le peuple du Bénin n’accepterait jamais les choses ainsi. Nous n’avons pas nationalisé le port pour que lui il vienne le brader á ses partenaires de l’extérieur.
    Tout ceci, c’est clair maintenant comme l’eau de roche, que Talon a une compréhension erronnée sur la démocratie, l’Etat de droit et les prérogatifs du Président de la République.
    Ne pas vouloir le pousser vers la sortie, le confronter avec les actes illégaux qu’il pose dans le pays et le laisser continuer ainsi serait une erreur grâve qui à coup sûr conduirait le pays dans la ruine.

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    Cestcomment Il y a 1 semaine

    Les salariés du mensonges c’est comment ?? Ils vous a fait une petite dédicace la !!! Avec vos articles merde !!! Il faut bien gagné son pain , la prostitution morale … lool

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    Boni Yayi fût il ce que les béninois disaient de lui
    Mais il avait averti le peuple beninois et ils lui ont ris au nez