Dominique Joubert & Jean-François Floch détectent plus de 15 cancers

Dominique Joubert & Jean-François Floch détectent plus de 15 cancers

CancerREAD Lab (anciennement projet DecodeLab), espoir thérapeutique et économique contre le cancer. En détectant un biomarqueur du cancer à un stade

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CancerREAD Lab (anciennement projet DecodeLab), espoir thérapeutique et économique contre le cancer. En détectant un biomarqueur du cancer à un stade précoce, le test sanguin mis au point par la française Dominique Joubert Floch ne constitue pas seulement un espoir dans la lutte contre la maladie : il est peut-être aussi la réponse à la problématique économique de la lutte anti-cancer.

CancerREAD Lab, un nouveau test de dépistage sanguin des cancers, pouvait non seulement apporter un espoir thérapeutique, mais aussi financier ?

Le cancer tue 8,8 millions de personnes chaque année dans le monde. Un impressionnant bilan humain qui cache un autre bilan considérable, mais lui, financier : en 2010, le rapport annuel mondial sur le cancer avançait un impact économique de la maladie estimé à 1 160 milliards de dollars par an, incluant les frais liés à la recherche médicale, aux traitements et aux opérations de dépistage. Au Bénin, ce sont 2 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Autant dire que la possibilité de détecter la plupart des cancers à un stade précoce serait une bénédiction, tant en termes de réduction de la mortalité que d’économie.

A l’origine, une chercheuse française

Ce pas de géant pourrait être franchi grâce à une scientifique française, Dominique Joubert Floch. A l’origine, cette chercheuse en biologie est une endocrinologue reconnue pour ses travaux sur le cancer, qui a parcouru les labos du monde entier (Karolinska Institutet de Stockholm, université de Californie, Université de Californie San Francisco, Centre CNRS Inserm de Pharmacologie Endocrinologie de Montpellier devenu l’Institut de Génomique Fonctionnelle, dont elle dirigea le département d’oncologie…). Fil rouge de son travail sur CancerREAD Lab: la conviction qu’une détection précoce des cancers est possible, avec une réduction des coûts, multiples, liés à leur traitement et à leurs conséquences.

En axant ses recherches sur la compréhension des mécanismes intracellulaires au sein de la cellule tumorale, elle parvient à mettre en évidence le rôle de la progastrine dans le développement de la maladie. C’est en travaillant sur le cancer colorectal que Dominique Joubert Floch s’est aperçu que la présence de cette protéine dans l’organisme signalait une activité tumorale. Normalement, la progastrine reste « prisonnière » de certaines cellules saines de l’estomac ; mais en cas de cancer, elle est alors produite par la cellule tumorale et en sort pour s’accumuler dans le sang. Elle devient donc détectable par simple prélèvement sanguin, et constitue un marqueur précoce de la survenue de la maladie. Mais ce n’est pas tout : la chercheuse et son équipe sont parvenus à prouver que la progastrine n’est pas seulement un biomarqueur, elle agit aussi comme un « carburant » de certaines cellules cancéreuses appelées cellules souches cancéreuses ; en la neutralisant à l’aide d’un anticorps spécifique, il est possible de stopper leur survie.

La biotechnologie au service de la prévention

Dominique Joubert Floch et son époux Jean-François Floch font partie des entrepreneurs de la biotechnologie, à travers leur société BioRéalités devenue Progastrine et Cancers. C’est cette structure qui finance et élabore les programmes de recherche toujours en cours sur les nouvelles thérapies visant à la neutralisation de la production progastrine pour ralentir, voire faire régresser l’activité tumorale. Et c’est la société ECS-Screening dont ils sont aussi fondateurs que cancerREAD Lab, test sanguin d’aide au dépistage précoce du cancer via un kit de dosage de la progastrine, a pu être mis au point. Efficace, peu onéreuse, la solution, basée sur la technique ELISA (protocole le plus utilisé pour la détection des biomarqueurs dans le sang), ouvre la voie à une nouvelle prise en charge des cancers : en les diagnostiquant à un stade précoce, les médecins peuvent adapter la stratégie thérapeutique pour éviter le développement de symptômes invalidants. Pour les patients en rémission, cancerREAD Lab permettra également la détection précoce de la récidive : qui dit présence de progastrine dit activité cellulaire suspecte. A ce jour, les équipes de Dominique Joubert Floch et Jean-François Floch ont identifié la présence de cette protéine dans le cadre de pas moins de 15 cancers différents pour lesquels le test est de ce fait valide. cancerREAD Lab est actuellement d’industrialisé et a obtenu le marquage « CE ».

Le cancer, un coût humain mais aussi financier

Les implications du test cancerREAD Lab ne sont pas seulement humaines. Chaque année, le cancer coûte plusieurs milliards de dollars. Prise en charge, soins et traitements, mais aussi perte de productivité globale liée à l’incapacité de travail et aux décès : la maladie est un gouffre qui engloutit des sommes considérables. En 2016, le gouvernement béninois a dépensé 6 milliards pour évacuer les malades vers les pays disposant de centres de traitement. L’Afrique en général paye un très lourd tribut à la maladie : prix des traitements, des équipements de médecine nucléaire, coûts très importants de la mise en place de campagnes de prévention et de diagnostic à grande échelle… Les malades ne sont souvent détectés qu’à des stades très avancés, avec pour conséquence une mortalité importante (on dénombre seulement 25 % de rémissions) et le recours nécessaire à des actes chirurgicaux et à des traitements de chimio- et radiothérapie que peu de personnes peuvent se permettre de financer.

Détecter la maladie à son stade le plus précoce, ce que permet cancerREAD Lab, autorise une prise en charge différente : traiter un cancer au stade 0 ou au stade 1 suppose des manœuvres moins lourdes et invasives. La qualité de vie du malade est améliorée, ainsi que ses chances de survie. On sait déjà que certaines formes de la maladie (cancers du sein, colorectal ou encore du col de l’utérus) offrent de très bonnes perspectives de guérison si elles sont prises en charge au plus tôt, ce que cet outil de diagnostic innovant permettra. Le tout aurait un impact significatif sur les coûts engendrés par le cancer. Prise en charge rapide, volume médicamenteux moindre, meilleur suivi thérapeutique pour prévenir toute rechute : en optimisant le temps de traitement, c’est un cercle vertueux qui s’enclenche. La découverte de Dominique Joubert Floch constitue donc non seulement un espoir thérapeutique, mais aussi économique à l’heure où les cancers sont en recrudescence et où l’on estime qu’une personne sur deux y sera confrontée au cours de sa vie.

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