La Nouvelle Tribune

Tricherie du Bénin à la Can U-17: A défaut de démissions volontaires, sanctionner sans état d’âme

(Talon doit envoyer un message fort). Le Bénin a pris une grosse claque à Niamey ce dimanche 2 septembre 2018. L’équipe cadette de football du Bénin qui est allée à Niamey pour prendre part au tournoi qualification U17 Ufoa-B de la Can Tanzanie 2019 a été congédiée de la compétition.

Ceci, parce que 10 des 18 joueurs de l’équipe ont été déclarés inéligibles pour l’Irm. Donc le Bénin a triché sur l’âge des joueurs. Une honte nationale. Le président de la République Patrice Talon doit sanctionner avec la dernière rigueur. Il n’est pas gai d’être béninois par ces temps qui courent notamment dans le milieu footballistique. Toute la planète du football est sans doute alertée par la tricherie qui a rattrapé les joueurs béninois de l’équipe cadette.

Présents à Niamey pour le Tournoi qualification à la Can U17 Tanzanie 2019 de la zone Ufoa B, les joueurs béninois comme les autres des équipes présentes ont subi un test d’Imagerie par résonance magnétique (Irm). Et sur les 18 joueurs Béninois, 10 ont été déclarés inéligibles. En clair, 10 joueurs béninois sont frappés par le critère d’âge.

Pourtant, après la présélection des joueurs, un test Irm a été effectué à Lomé. Mieux, alertée par des soupçons de fraude sur l’âge de certains joueurs, le ministre des sports a demandé une contre expertise dans une clinique privée à Cotonou. Le 24 août 2018, les résultats de ce test Irm a déclaré inéligible trois joueurs sur 25.

Grosse légèreté

Mais, voilà! Deux des trois recalés par le test de Cotonou, Dominique Kougbeadjo et David Tchetchao sont de l’effectif qui est allé à Niamey. Ils ont été aussi épinglés par le test Irm commandité par la Caf avant le démarrage du tournoi. Alors, il est légitime de poser des questions. A quoi a servi le test de Cotonou? Que s’est-il passé pour que le nombre de joueur inéligible augmente après le test de Niamey? Comment s’est passé le test de Lomé? Qui sont ceux qui ont suivi l’équipe et tout le processus?

En attendant que le procureur de la République saisi ce lundi matin ne mène son enquête et livre son verdict, il convient de relever qu’au ministère des sports, il y a eu de trop de légèreté. Quand on a commandé un test, il faut prendre soin de bien étudier les résultats et veiller à l’application des conclusions. Le ministre des sports a une responsabilité (dans ce qui s’est passé) qu’il doit assumer tout en sanctionnant les cadres du ministère impliqués.

Est-ce un complot?

Le secrétariat administratif est la mémoire de la Fbf et doit avoir eu les résultats des tests Irm de Lomé et de Cotonou. De même, on ne peut pas dire que la direction des compétitions n’a pas eu connaissance de ces résultats. Et que dire du staff où l’entraineur principal est formateur à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation physique et sportive (Injeps). Un des joueurs incriminés est en formation dans cet institut et est professeur d’Education physique et sportive (Eps).

Mieux, le frère de l’entraineur de l’équipe est aussi épinglé par l’Irm.  Qu’ont-ils fait de ces résultats ? Quand on sait que dans la période de la mise sur pied de cette équipe cadette, les tractations pour les élections à la Fbf battaient leur plein et que l’ex-président de la Fbf se voyait dans l’obligation de ne pas se présenter, il est permis de penser à la théorie du complot: après moi le déluge. Et dans cette manigance, ces anciens dirigeants de la Fbf ont pu bénéficier de la complicité active ou passive du ministère des sports.

Tout porte à croire qu’il y a visiblement un complot bien négocié au pays mais qui malheureusement pour tous ces auteurs, n’a pas passé les mailles de la Caf.

Des sanctions administratives et judicaires attendues

Alors, il faut écouter absolument le secrétaire administratif de la Fbf Zéphérin Déguénon et le directeur des compétitions Quentin Didavi de même que l’ex président de la Fbf Anjorin Moucharafou, le staff médical et le staff technique de l’équipe. Le directeur des sports d’Elite du ministère des sports doit aussi être interpellé.

Au banc des présumés coupables, se situent aussi les joueurs, leurs parents. Il faudra les écouter pour savoir comment ils ont pu fournir de faux documents. Et comme aucune démission volontaire n’est enregistrée depuis dimanche, il faut que le président de la République prenne ses responsabilités en prenant des sanctions administratives idoines. Il n’est pas question de venir retirer l’agrément de la Fbf. D’ailleurs, il faudra que l’ancien ministre des sports, Safiou Affo vienne dire au peuple béninois à quoi à servir son retrait d’agrément quand le Bénin a été sanctionné pour les mêmes causes en 2014.

A l’époque, quatre joueurs béninois avaient été épinglés. La justice béninoise doit aussi jouer sa partition et punir sévèrement les fautifs. Car, cette honte nationale, cette humiliation infligée au pays, ne peut rester impunie. Il faut assainir le milieu et démanteler ce réseau de fraude.