La Nouvelle Tribune

Révision de la constitution : Abraham Zinzindohoué et Me Charles Badou posent leurs diagnostics

On ne juge pas d’un patient en chirurgien myope muni d’instruments de labour, au risque de poser un faux diagnostic. Il faut ouvrir une fiche et consulter ses antécédents.

C’est ce que les deux hommes de droit invités sur l’émission le « Grand-rendez » de Soleil fm ont essayé de faire. Ils soulignent les dysfonctionnements et font des suggestions pour l’amélioration du texte. L’un est ancien ministre de la justice, ancien président de la Cour suprême et l’autre brillant docteur en droit et avocat d’affaires au barreau de Cotonou. Tous Fins praticiens de droit, ils ont éclairé de leur science l’actualité sur la révision de la constitution, notamment les fameux pièges qui se dissimuleraient dans le projet d’amendement.

 Maître Abraham Zinzindohoué  rappelle à l’entame de l’émission que depuis l’envoi du projet de révision au parlement, deux évènements importants sont passés : le discours du chef de l’Etat et le rejet des députés sur la procédure d’urgence. Ces deux évènements ont baissé la tension autour du projet.

 L’avocat Charles Badou relève pour sa part qu’il y a un grand procès d’intentions qui est fait autour de ce projet. Ce n’est pas parce qu’on dit d’étudier le projet en procédure d’urgence qu’il y a urgence. Il y a une certaine célérité qui est demandée ce qui implique qu’on n’empiète pas sur les prérogatives des députés puisqu’elle est prévue. Le besoin de la procédure d’urgence est d’aller plus vite pas dans la précipitation. La révision de la constitution appelle à la prise d’une foultitude de textes assure l’ancien ministre de la justice.

Les deux juristes se sont également prononcés sur le référendum à ce niveau, ils estiment que le droit est une science d’interprétation

Dans l’ensemble, les hôtes du « Grand rendez-vous » préconisent des débats de fond sur la question de la révision afin d’examiner point par point les modifications apportées à la loi. Ils se sont penchés sur l’indépendance du pouvoir judiciaire, notamment les améliorations qui y sont apportées, au niveau de la Cour suprême à la haute cour de justice et le Conseil économique et social supprimé. Ils ont opinés également sur la chefferie traditionnelle qui va être institutionnalisée. Il va falloir prendre une loi pour clarifier les contours de cette reconnaissance.  A défaut le conseil économique et social pourrait récupérer ces rois selon Abraham Zinzindohoué.