La Nouvelle Tribune

«Keith Haring in Cotonou » : La fondation Zinsou présente un légendaire artiste américain au Bénin

Pour une première fois, les œuvres de  Keith Haring, l’un des grands artistes américains de son temps et  dont les œuvres ont beaucoup voyagé en Europe et en Asie, est en Afrique. Elles sont au Bénin jusqu’au 17 janvier 2017 à travers l’exposition «Keith Haring in Cotonou » dans l’enceinte du nouveau siège de la Fondation Zinsou en face du Commissariat central.

La fondation Zinsou fait peau neuve et offre de l’inédit au Bénin et en Afrique. A son nouveau siège, un immeuble de trois étages sur le boulevard des armées à Cotonou, la grande Fondation d’Art contemporain d’Afrique de l’Ouest présente en exposition, les œuvres de Keith Haring, un des artistes américains ayant marqué les années 80 et continue de faire parler de lui, 26 ans après sa mort après une courte vie de 1958 à 1990. Le vernissage de l’exposition dénommée «Keith Haring in Cotonou » a eu lieu dans la soirée de ce dimanche 13 novembre avec une multitude de visiteurs curieux de découvrir une légende planétaire des arts plastiques. Dessins, masques, sculptures sur bois et sur des métaux, peintures, ce sont 40 œuvres abordant de façon saisissante les problèmes, les inquiétudes de l’humanité et qui offrent aussi des instants de réflexion profonde sur ce qu’est l’homme et ce qu’il crée ou invente. Du rez-de-chaussée au deuxième étage, c’est dans une sorte de cheminement avec l’art, que les visiteurs organisés en plusieurs groupes passent en revue toutes les œuvres  en compagnie des guides.

Liberté de penser, marque du bébé

Quand  Keith crée, il s’efface et laisse le soin à qui veut d’apprécier. Sans titre pour la plupart, les œuvres  de l’artiste qui a conquis le monde en moins de 10 ans de carrière, ont le  sens que le visiteur juge approprié. « Je veux créer, un art qui soit vécu et exploré par le plus grand nombre d’individus possible avec le plus grand nombre d’idées individuelles possible sur l’œuvre sans qu’aucune signification finale ne soit impossible » avertit, l’artiste lui-même dans un message d’octobre 1978 positionné au fronton de la galerie de la  Fondation Zinsou. Aussi, l’artiste qui a commencé à créer dans les métros et la rue new-yorkaise avant d’envahir toutes sortes d’espaces , ne se limite pas avec le médium. Il crée sur toute surface qui s’offre à lui. Malgré leur multitude, les œuvres de Keith contiennent pour la plupart des formes animées parmi lesquelles on reconnaît la présence d’un bébé qui visiblement est sa marque déposée. « Quand je vois sourire un enfant, plus rien ne compte au monde » dit Keith, rapporté par Marie-Cécile Zinsou. Selon elle, « Il pense que les enfants vont changer le monde ». Marie-Cécile Zinsou qui a connu Keith quand elle était enfant, « croit que les petits enfants béninois qui viendront visiter vont être sensibles ».  Elle assure  « Une fois qu’on a vu Keith Haring, je pense qu’on grandit un tout petit peu différemment ». Comme, elle, des visiteurs suivis, n’ont pas caché leur émerveillement face aux œuvres expressives, philosophiques mais aussi amusantes. « Ah ouiii ! Le flambeau de la liberté est en train d’être avalé malgré les lois » se rend compte une jeune demoiselle qui a reconnu la statue de liberté malgré la déformation sur le premier tableau de l’exposition. « L’Afrique, tête d’une forme animal, ça parle. L’Afrique est en train de se faire baiser » lance un  jeune homme du groupe de 04 que dirige le guide Rodrigue.  Il y a également le grand masque  scarifié du Rez-de-chaussée qui retient l’attention dès le début de la visite  avant qu’on ne monte dans l’univers de Keith aux autres paliers de la galerie.

Une chance pour le Bénin

Voir cette exposition est incontestablement une chance. Selon Marie-Cécile Zinsou, c’est grâce à un prêt du collectionneur Enrico Navara que cette exposition a lieu  pour une première en Afrique. « Cette exposition est une chance exceptionnelle parce que c’est un prêt de Enrico Navara….C’est un ensemble  de 40 œuvres absolument inouïes qui ont été présentées à Londres, New York, Tokyo  et il était  temps qu’elles soient présentées en Afrique. C’est une première en Afrique » a-t-elle confié. Il y a donc lieu de saisir l’opportunité. Ce qui sera aussi une occasion pour découvrir les nouveaux locaux de la Fondation Zinsou qui se donne plus de charme pour célébrer les beaux arts