La Nouvelle Tribune

Parité homme/femme : Rifonga-Bénin plaide pour une loi qui va combler toutes les attentes

La conférence de presse animée hier à Fidjrossè par la Présidente du bureau du Réseau pour l’intégration des femmes, des Ong et associations africaines (Rifonga-Bénin), Léontine Idohou Konou, entre dans le cadre des propositions et plaidoyers du Réseau afin d’aider les députés au vote d’une loi qui règle définitivement, et à tous les niveaux, la question de parité entre l’homme et la femme telle que mentionnée dans l’article 26 de la constitution du 11 décembre 1990.

Voter une loi sur l’égalité du genre, c’est bon. Mais voter une loi qui règle une fois pour toute la question de parité homme/femme à tous les niveaux, est meilleure et plus souhaitée. C’est le sens du combat que mène depuis peu, la section béninoise du Réseau pour l’intégration des femmes, des Ong et associations africaines (Rifonga-Bénin). L’objectif est d’aider les honorables députés à l’Assemblée Nationale à parvenir à une loi qui va combler toutes les attentes et sa promulgation par le Chef de l’Etat, à en croire la Présidente du Bureau, Léontine Idohou Konou. Elle s’est exprimée ce mardi 15 janvier 2013 à la faveur d’une conférence de presse animée dans l’enceinte de sa pharmacie à Fidjrossè.

Au-delà du vote de la loi, le but du combat de Rifonga-Bénin, ajoute la Présidente, est d’aider les députés à prendre compte de ladite loi dans le vote du code électoral pour l’amélioration de ce dernier.

La présente conférence de presse intervient à 48 heures de l’introduction du projet de loi en plénière à l’hémicycle. Mais de sources proches de l’Assemblée Nationale, les députés seraient en train de projeter le renvoi du dossier à une autre plénière. Ceci, en vue de disposer de temps adéquat pour examiner les propositions à eux faites par Rifonga-Bénin et de les intégrer au texte actuellement sur leur table.

Pour mémoire, à l’issue de son atelier régional de novembre 2012 sur la parité entre la femme et l’homme tenu à Cotonou, le Réseau a fait un certain nombre de propositions afin que le texte qui sera voté ne soit pas une coquille vide et qu’après son vote et promulgation, il n’y ait plus d’aspects ignorés à quelque niveau pour le respect de l’égalité entre l’homme et la femme, telle que le stipule l’article 26 de la constitution du 11 décembre 1990.

Lesquelles propositions ont été faites après une étude comparative avec les expériences d’autres pays en la matière. Cette étude a montré que certains réajustements sont nécessaires, voire obligatoires, dans la proposition béninoise. A cet effet, explique Léontine Idohou, Rifonga-Bénin plaide pour une loi qui va intégrer à la fois les fonctions administratives, électives et nominatives. Au niveau du titre du projet de loi, le Réseau préfère qu’on parle de loi sur la parité homme/femme à tous les niveaux plutôt que de dire loi sur l’égalité d’accès aux fonctions entre homme et femme. Aussi, fait savoir la Présidente, sa structure ajoute-elle au concept “alternance verticale’’, l’alternance horizontale à propos du positionnement des candidats des deux sexes sur les listes électorales. «La verticale s’entend de la position alternée des candidats des deux sexes sur chaque liste.» Mais, seule, celle-ci ne permet pas de résoudre le problème de positionnement des femmes sur les listes du moment où elle laisse la possibilité aux responsables de partis de toujours positionner les hommes en tête de liste partout. Mais avec l’alternance horizontale que propose Rifonga-Bénin, les partis devront faire les positionnements en tête de liste de façon alternative d’une circonscription à une autre.

Les femmes de Rifonga-Bénin plaident, et elles tiennent beaucoup, à ce que ces propositions soient prises en compte par les députés dans le vote de la loi. Une loi vivement attendue par d’autres pays d’Afrique pour emboîter le pas au Bénin, nous informe la Présidente. Et toujours dans le cadre de la réussite de cette lutte, l’atelier régional de Cotonou a accouché d’un réseau africain pour la parité dont le Bénin assure le secrétariat général.