La Nouvelle Tribune

Troisième gouvernement de Boni Yayi


Ne pas confondre vitesse et précipitation
 Sans doute que la moindre insubordination ou autre manquement de la part de ses nouveaux collaborateurs le fera sortir de ses gongs, pour rétablir une certaine autorité de l’Etat, thème en vogue à l’ère du changement. Des descentes précipitées, musclées s’enchaîneront également sur le terrain de la pègre, au rythme des actes criminels qui surviendraient. Mais le ministre Armand Zizindohoué ne devra pas pour autant confondre vitesse et précipitation. Les chantiers de construction de grands ouvrages publics ne sont pas comparables à des plans d’attaques contre des bandits. La meilleure méthode voudrait que Zinzindohoué agisse ici avec beaucoup plus de droiture et d’intelligence, en mettant en synergie toutes le forces vives du système sécuritaire national.  
On l’a déjà observé au ministère des travaux publics et des transports ; où il pétait quasi systématiquement les plombs et entrait dans des fureurs noires pour un oui ou pour un non. Ce n’est pas vraiment ce genre de «qualités» attendues à ce nouveau poste, quand bien même la fermeté reste la règle d’or. Il lui faudra surtout une certaine maîtrise de soi pour diriger un tel département ministériel et ne pas céder à tous les coups et aux multiples chantages qui y défilent. Et par conséquent, être susceptible d’avoir à gérer de graves crises qui demandent d’autres réactions que des crises de nerfs. 
Au demeurant, les inquiétudes que l’on peut nourrir sur le ministre Armand Zizindohoué, quant à sa capacité à assumer la charge à laquelle il est désormais convié, devraient être vite dissipées par l’homme lui-même. Ainsi, il réussira à contrarier dans des actes concrets et salutaires, des personnalités publiques comme Célestine Zannou, qui au lendemain de ce remaniement ministériel, n’a pas caché sa peur de voir Armand Zinzindohoué s’adonner à de «basses besognes » à un poste ministériel si délicat.

Christian Tchanou.