La Nouvelle Tribune

Recrutement de 4234 agents : Martial Sounton et ses collègues organisent un grand cafouillage

Les candidats au concours de recrutement des 4234 agents contractuel de l’Etat ont composé le week-end dernier sur toute l’étendue du territoire national. A Cotonou, ce fut un cafouillage qui a tout l’air d’un plan bien ficelé à l’avance. Ce samedi 26 juillet 2014, l’Etat béninois a lancé la phase de composition pour le recrutement de 4234 agents dans la fonction publique. 

Le Lycée Coulibaly, un des deux centres de Cotonou est pris d’assaut tôt le matin par des centaines de jeunes béninois et béninoises en quête d'un premier emploi.  Mais surprise, les choses se passent ici telle une improvisation. Tout est bon pour confirmer que le Ministre de la fonction publique Martial Sounton et son équipe qui organise ce concours n’étaient pas encore prêts.

Annoncé pour 8 heures, on apprend subitement aux environs de 7h 45 que ce sera plutôt à 9 heures. A 8h46 le Ministre d’Etat François Abiola, après avoir longtemps attendu le Ok pour lancer les épreuves, décide de venir vivre la situation. Il y a juste quelques minutes que des numéros ont été écrits sur les tables dans certaines salles de composition. Dans d’autres, certains candidats cherchent eux-mêmes des chaises, des tables et bancs pour s’installer. Les cas sont de divers ordres : celui des candidats qui se disputent un même numéro une même place, des candidats qui n’ont pas retrouvé leur nom, etc. Selon le Ministre d’Etat, ce constat est la faute aux candidats. «Des gens viennent chercher leur numéro aujourd’hui, c’est leur responsabilité. Ce n’est pas le jour de la composition qu’on cherche son numéro, sa salle et table.»

Même si on admet ceci, il y a d’autres réalités qui relèvent de la responsabilité du Ministre Sounton et de ses collaborateurs. Jusqu’à 8h 56, les épreuves {accessText}n’étaient pas encore disponibles dans le centre. L’ordre intimé par le Ministre d’Etat d’avoir les épreuves sous 5 minutes auquel cas il allait repartir sans lancer la composition ne changera rien dans le jeu à tâtons de ce matin-là. En attendant les 5 minutes, le Ministre d’Etat visite les candidats déjà en salle, les plus chanceux. Plusieurs salles de composition sont dans l’obscurité. Les candidats sont contraints à composer sans grande lumière par un temps exécrable, fait de pluies. Mais les responsables de ce centre, habilement, ont su encadrer le Ministre et le conduire vers une salle bien éclairée.

Après la visite, les épreuves n’y sont toujours pas. Le Ministre prend congé de ce centre et se rend au Ceg Gbégamey, 2ème centre de composition de Cotonou. Ici, devraient composer les candidats pour le secteur de la santé. Les épreuves ne sont pas non plus disponibles. Jusqu’à 10 heures, la situation est restée telle. Face à la presse, le Ministre de la santé, Dorothée Akoko Kindé Gazard arrivée dans ce centre alors que le Ministre d’Etat partait déjà, répond qu’il y a juste quelques soucis techniques. Des soucis qui, malheureusement ont engendré un grand retard dans le démarrage de la composition. Lequel retard, le Ministre Martial Sounton a reconnu et qualifié d’inhabituel. C’est du moins dans son intervention dans la nuit de ce samedi sur le plateau de la télévision nationale. A ses dires, ce retard est dû à une panne des appareils. Les candidats qui devraient composer dans l’après-midi de ce samedi, ceux de la catégorie C et D, n’ont pas pu. Certains aussi de la catégorie B. Tous, ils ont été convoqués à nouveau pour le dimanche à 10 heures avec l’assurance que tout est rentré dans l’ordre. Mais ahurissement encore, ce n’est qu’à 13h 36 min que la composition a été lancée ce dimanche. Toujours pour non disponibilité des épreuves. Du moins pour le cas du Lycée Coulibaly. Entre temps, l’attente très longue a occasionné un mouvement d’humeur des candidats que la police a dû encadrer. Et puisque dans d’autres localités, ceux des catégories A et B avaient déjà composé samedi, et que le corrigé type circulait dans le centre, il fallait changer les épreuves ce dimanche. C’est ainsi que des candidats à un même concours national dans une même catégorie ont été évalués avec différentes épreuves. {/accessText}