La Nouvelle Tribune

Contestations et frondes pré-électorales : Fcbe, le temps du déclin

Elles sortaient pourtant d’un congrès de remobilisation, ragaillardies par les discours d’unité et de conjugaison des forces. Puis quelques jours après, les Fcbe font flop. Une histoire de positionnement mal négociée a pris par là. Partout, des contestations et des menaces de dissidence. Pour une première fois depuis 2007, c’est Yayi lui-même, confectionneur de la liste qui est au cœur de la fronde.

«  Les militantes et militants Fcbe de la 16è circonscription disent  « « non » » à la liste déposée à la Cena ». Telle est le message inscrit sur une banderole à l’effigie des Fcbe postée sur la passerelle de Cadjêhoun, à quelques encablures de la résidence du président Yayi. L’endroit  n’est pas choisi au hasard. Il offre à la vue du Chef de l’Etat qui, dans ses navettes « maison-palais », pourra avoir à lire ce message autant de fois qu’il passe par là. Ce message inscrit sur cette banderole est ici le moyen de revendication le plus policé utilisé par les militants de cette nébuleuse. Ailleurs, la contestation a pris une allure plus bruyante. Les militants en hystérie  ont préféré faire recours aux marches de protestation et aux manifestations de rue qui font partie des méthodes de revendication les plus prisées chez les Fcbe. Elles en ont pris cette vilaine habitude depuis les élections communales de 2008 où elles ont contesté les résultats dans toutes les communes où ils ne leur sont pas favorables. A Kétou et à Pobè, les militants Fcbe sont déjà sortis pour contester le positionnement sur la liste de Christine Ouinsavi au détriment de Jean Michel Abimbola, ministre de la culture. Idem à Kandi où le ministre Issa Azizou, positionné en 3è position sur la liste Fcbe a fait sortir « ses » militants dans les rues pour contester la liste. Ce sont là les premières contestations alors même que la liste n’est pas encore publiée officiellement. Ceux qui contestent ont donc dû être informés dans les coulisses. Imaginons donc ce qui va se passer lorsque la liste Fcbe- encore en confection à la Cena – sera rendue publique officiellement. Dans plusieurs communes, des militants s’organisent pour s’opposer à cette liste et menacent de soutenir, en représailles de ces positionnements, d’autres listes.

Yayi combattu au sein des Fcbe 

Dans la contestation de positionnements en cours actuellement, il y a bien quelque chose de surprenant. Les ministres qui envoient leurs militants protester n’osent pas leur dire celui qui est responsable de ce mauvais positionnement. Pourtant, ils savent bien que c’est le Chef de l’Etat lui-même qui en est responsable. Une telle démarche prouve bien que c’est Yayi qui est {accessText}contesté par les mêmes qui l’ont toujours louangé, ont marché maintes fois pour lui, demandé des messes pour lui. C’est dire donc que son autorité est entrain de prendre un coup. Cette contestation bien subtile de l’autorité est le premier indice de son reniement progressif. Ceux qui sont autour de Yayi savent bien qu’il ne leur est utile que quand il peut les aider à capter les postes juteux de l’Etat. Envahis par l’angoisse du départ de Yayi du pouvoir en 2016, ils ne voient plus trop en lui une autorité à suivre trop longtemps. Ceci pourrait bien expliquer cette amorce de contestation. Et plus, on se rapprochera de 2016, la monnaie « Yayi » va perdre de plus en plus sa valeur. Il arrivera un moment où personne ne va vouloir de ça. Ceux qui, comme Chabi Sika, s’acharnent encore à proclamer leurs allégeances au Chef de l’Etat ou à s’afficher comme les collaborateurs fidèles et les militants zélés le font juste pour jeter la poudre aux yeux de Yayi.  Parmi eux, il y en a qui vont lui tourner dos juste après avoir été élu député. Rares parmi eux lui resteront fidèles jusqu’en 2016. C’est à cette nouvelle donne que Yayi doit s’habituer. Beaucoup  dans leurs cœurs, le conjuguent déjà au passé. La fronde de la liste Fcbe qui vient de commencer ainsi risque de déboucher sur une crise réelle d’implosion. Comme l’Ubf en 2015, les Fcbe seront de vieux souvenirs pour maints Béninois. {/accessText}