La Nouvelle Tribune

Passeports : Bako veut imposer unilatéralement un opérateur européen

Après quelques mois d’accalmie, la polémique sur la délivrance des passeports  refait surface. Ainsi en a décidé le ministre des Affaires étrangères Nassirou Arifari Bako qui, selon des indiscrétions, s’apprêterait à céder le marché à un opérateur français en violation de la décision du Conseil des ministres et du principe de souveraineté cher à tout Etat.

Alors que le gouvernement est fortement décrié en raison du scandale de 2,6 milliards détournés au ministère des mines et de l’énergie, le ministre des affaires étrangères semble bien décidé à créer une autre tension dans le pays. En effet, selon des indiscrétions, le ministre des affaires étrangères Arifari Bako serait en discussion avancée avec les responsables d’une imprimerie française qu’il s’apprête à rencontrer incessamment si ce n’est encore fait. Or, la délivrance des passeports, surtout diplomatiques et de service, est une émanation essentielle de souveraineté qu’aucun Etat sérieux n’aimerait laisser à la disposition d’un autre. Cette introduction de cet opérateur français crée en même temps un double régime dans la production et la délivrance de cette pièce importante de l’Etat béninois et ceci risque d’ouvrir la voie à des fuites d’informations et des possibilités de falsification de ces pièces. En effet, cet imprimeur français va partager ce service avec un {accessText}opérateur local qui opère dans le domaine depuis des années. Les fautes des uns pourraient être rejetées sur les autres, et bonjour le désordre et les contrefaçons. En outre, cet acte du ministre des Affaires étrangères, le deuxième du genre après les tentatives de l’année dernière, est contraire à la décision prise en Conseil des ministres. Lors de son conclave du 10 novembre 2014, le gouvernement disait : «  l’examen de ce compte rendu, le conseil des ministres a instruit le ministre de l’Intérieur de la sécurité publique et des cultes et le ministre des Affaires étrangères de l’intégration africaine de la francophonie et des Béninois de l’extérieur chacun en ce qui le concerne de faire poursuivre sans interruption la délivrance des passeports ordinaires diplomatiques et de service aux coûts habituels par les structures administratives et technologiques actuelles en attendant la finalisation de l’examen du nouveau dispositif par le comité interministériel ». La démarche du ministre ressemble fort bien à une initiative solitaire.{/accessText}