La Nouvelle Tribune

Candide Azannaï: Et l'histoire se répète !

C’est la grosse actualité politique de ce début de semaine. Candide Azannaï, premier soutien et inconditionnel du candidat Talon, devenu président, a démissionné du gouvernement.

Le désormais ex-ministre délégué auprès du président de la république, chargé de la défense l’a annoncé ce lundi 27 mars sur sa page Facebook officielle. «(…) Face aux derniers développements de l’actualité politique dans notre pays, j’ai décidé de remettre ma démission du Gouvernement », a-t-il écrit sur son mur ce lundi 27 mars 2017.« La lettre de ma démission dans laquelle j’ai prié monsieur Patrice Talon, président de la république, chef de l’Etat, chef du gouvernement d’accepter ladite démission, lui a été déposée dans son cabinet particulier ce matin à 08 heures 24 minutes ».

Déjà dans les médias en ligne et sur les réseaux sociaux, plusieurs raisons sont avancées sur cette démission qui porte un coup dur au régime Talon. Elle serait la manifestation d’un malaise profond et d’une guerre de clans qui rongent le gouvernement Talon depuis de nombreux mois. Pourtant, ce n’est pas la première fois que le député de la 16ème circonscription électorale tourne le dos à un régime qu’il a porté. Transfuge de la Renaissance du bénin (Rb), le président du parti Restaurer l’Espoir (Re) a été l’un des principaux acteurs de l’avènement au pouvoir de l’ancien président Thomas Boni Yayi en 2006.

D’ailleurs, il fut un artisan de sa victoire à Cotonou. Mais quelques mois après l’accession de Boni Yayi au pouvoir, il n’a pas hésité à tourner dos au régime du changement avant de revenir sur sa parole plus tard. En 2011, alors ministre, malgré la controverse sur la fiabilité de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), avec son slogan « tchéké édjinkonin », il mouille le maillot pour la réélection de Boni Yayi dès le premier tour.

Un peu plus d’un an plus tard, quand Boni Yayi et son bras financier Patrice Talon se sont brouillés, le député Candide Azannaï est rentré dans l’opposition. Il a alors pris fait et cause pour le richissime homme d’affaires qu’il a défendu jusqu’à son accession au pouvoir. On se rappelle son opposition frontale à Boni Yayi et les échanges verbaux violents entre les deux hommes lors des campagnes pour les législatives d’avril 2015. Tout comme suite à l’élection de Yayi en 2006 et sa réélection en 2011, l’histoire des démissions du « Samourai de Djonkey », se répète avec Talon.

Visiblement fidèle à ses principes démocratiques et de gouvernances, ce fin stratège politique quitte le navire du « Bénin révélé » à la vielle de l’an 1 de l’entrée en fonction de Patrice Talon. Membre du tout premier gouvernement du Nouveau départ, il aura passé un peu plus de onze mois au sein d’une équipe gouvernementale de 21 ministres.