La Nouvelle Tribune

Bénin : L’Iniref pour l’instruction dans nos langues maternelles

La communauté internationale a célébré hier, 21 février 2017, la Journée internationale de la langue maternelle. L’occasion a été saisie par l’Institut international de recherche et de formation (Iniref), pour sonner la mobilisation des «démocrates et patriotes», pour «l’instruction des masses dans leur langue maternelle».

Contribuer à la promotion de l’éducation à la citoyenneté mondiale. C’est l’objectif poursuivi par l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), à travers la célébration le 21 février de chaque année, et ce, depuis 1999, de la Journée internationale de la langue maternelle (Jilm). L’édition 2017 de la Jilm est célébrée autour du thème : « Vers des avenirs durables grâce à l’éducation multilingue ». L’organisation onusienne, à travers la Jilm de cette année, « soutient l’enseignement en langue maternelle et l’éducation multilingue ». A cet effet, elle demande que soient organisées au niveau national, « des activités visant à promouvoir l’enseignement en langue maternelle et l’éducation multilingue ». La journée, selon le communiqué de l’Unesco, fait également écho à l’objectif 4.6 des Objectifs mondiaux du développement (Odd) : « D’ici à 2030, veiller à ce que tous les jeunes et une proportion considérable d’adultes, hommes et femmes, sachent lire, écrire et compter. »

L’ultime pas à franchir

Le Bénin n’est pas resté en marge de la célébration de cette journée. A Cotonou, l’Institut international de recherche et de formation (Iniref), a saisi l’occasion pour lancer un  « appel aux démocrates et aux patriotes », dans la perspective de faire aboutir la revendication pour l’instruction dans nos langues maternelles. Dans la déclaration du Président de l’Iniref, le Professeur Hounpati Capo, lue par le 2ème Vice-président Jérôme Noma, l’institut estime que la lutte pour l’instruction à travers les langues maternelles est arrivée au stade de la décision. « Les revendications pour l’instruction dans nos langues, pour que nos langues soient d’instruction et d’administration dans leur terroir, peuvent être immédiatement satisfaites si la volonté politique y est », a déclaré Professeur Capo qui fait savoir que « les matériaux pour se faire sont disponibles et peuvent être rapidement réunis ». Il en veut pour preuves, la traduction dans les principales langues du pays de la bible, l’école « Aja ju j’été » de Klouékanmey où « les enfants ont commencé leur cursus en langue adja, et entamé avec grand succès dans cette langue, l’apprentissage du français en leur quatrième année ».

Des avantages multiples

L’enseignement en  langue maternelle et l’éducation multilingue, selon le Professeur Hounpati Capo, a de multiples avantages. « Les conséquences sont énormes en matière d’éducation, d’hygiène, d’amélioration de la santé de l’enfant et de la mère, d’augmentation de la productivité agricole, artisanale, d’utilisation plus rationnelle et plus efficace des nouvelles technologies de l’information, pour la production (téléphone portable, internet, que beaucoup d’analphabètes possèdent sans pouvoir envoyer et lire des messages) », a indiqué le Président de l’Iniref qui souligne qu’ « aucun pays ne s’est développé dans une langue étrangère ».

L’Iniref, à travers son appel, voudrait donc que les «démocrates» et «patriotes» accentuent leurs interventions auprès du Président de la République et de toutes les autorités, pour faire de nos langues maternelles des langues d’instructions et d’administration dans leur terroir, et exiger de leurs maires respectifs des moyens matériels et financiers pour le démarrage effectif de l’enseignement en langues locales