La Nouvelle Tribune

Bénin: « Les femmes boudent la chose politique » dixit Rafiatou Karimou

Invitée ce jeudi 23 février 2017 sur l'émission 5/7 matins de la chaîne de télévision nationale (Ortb) pour apprécier les acquis de la conférence des forces vives de la nation tenue il y a 27ans, Rafiatou Karimou s'est également prononcée sur la vie associative et la participation des femmes au jeu politique.

Son bon sourire, son regard malicieux derrière ses lunettes cerclées et ses airs de gentille mamie ne doivent pas faire illusion: Karimou Rafiatou n'a pas volé son titre de "première femme ministre" du Bénin. Devant les confrères de la télévision nationale, elle n' a pas caché ses mots.

« Les femmes boudent la chose politique » de nos jours a-t-elle insisté.

Selon l'ancienne ministre et ancienne députée élue deux à l'Assemblée nationale, la plupart du temps, les femmes intègrent les partis politiques pour jouer les seconds rôles. «Quand on est femme, on ne doit pas rentrer en politique pour aller applaudir, ni faire la cuisine lors des grands regroupements ou des grandes rencontres et autres » a souligné Karimou Rafiatou, avant d'inviter les responsables de partis politiques à détecter les femmes en qui ils peuvent faire et confier des responsabilités.

La promotion de la femme étant l'une de ses priorités, elle demande aux jeunes femmes de faire leurs armes dans les associations même celles de la vie civile, c'est en militant dans ces genres d'association qu'elles forgeront leurs armes. Elle avoue qu'elle a été dès son jeune âge une éclaireuse alors qu'elle était encore élève. D'un autre côté, elle assure que pour la gestion du pays, du village jusqu'au niveau national que les femmes soient associées pour qu'elles puissent lutter. Il faut toujours tisser la nouvelle corde au bout de l'ancienne, si cette dernière n'est pas éffilochée.

«Pendant la révolution, il y avait au niveau des organes locaux du pouvoir d'Etat, les conseils communaux d'aujourd'hui, un quota pour les femmes, un quota pour les jeunes et pour les travailleurs ». En somme, ces expériences doivent être conservées pour permettre à la femme d'être toujours présence dans les grandes instances de décision