La Nouvelle Tribune

JIF 2017: Wanep-Bénin envoie des collégiennes à la rencontre des femmes en uniforme

Dans le cadre et de la Journée internationale de la femme (Jif), et dans la perspective d’une planète 50-50 d’ici 2030, Wanep-Bénin a emmené le 15 mars dernier, une soixantaine de collégiennes aspirantes militaires et policières, «à la rencontre des femmes des forces de défense et de sécurité». Objectif : leur faire découvrir les conditions de travail des femmes dans ce secteur à dominance masculine.

Etre militaire. Ce rêve, Gérodine Idohou, actuellement élève au Collège d’enseignement général ‘’Le Nokoué’’ à Cotonou, suite à divers conseils, avait décidé de l’abandonner au profit d’autres.  Mais désormais, elle est « déterminée » à le réaliser. Cette nouvelle détermination de la jeune fille est consécutive aux échanges et partages d’expériences qu’elle et cinquante et neuf autres aspirantes policières et militaires, ont eus avec des femmes de la police nationale, des armées de terre et de l’air ce mercredi 15 mars 2017.

Les échanges et partage d’expériences ont eu lieu au quartier général de l’Armée de terre au camp Guezo à Cotonou. A l’initiative du Réseau Ouest-africain pour l’édification de la paix (Wanep-Bénin), cette activité dénommée « A la rencontre des femmes des forces de défense et de sécurité », s’inscrit dans le cadre de l’édition 2017 de la célébration de la Journée internationale de la femme. Cette rencontre a, entre autres, permis aux jeunes filles d’en apprendre sur les conditions d’accès au corps et de découvrir, de l’intérieur, les conditions de travail des femmes des corps de la police nationale, de la gendarmerie, et des armées de terre et de l’air.

Un secteur à dominance masculine

Les nations unies, pour cette édition de la Jif, invitent les Etats à réfléchir et œuvrer pour « une planète 50-50 d’ici 2030 », notamment dans le monde du travail en grande évolution. Actuellement, le Bénin est très loin de cet objectif dans plusieurs secteurs, dont celui de la défense et de la sécurité, très peu fréquenté par les femmes. Selon des statistiques, au 11 mars 2010, la police comptait 6,52% de femmes. Les femmes représenteraient 20% de l’effectif des forces armées et seulement 3,25% du personnel de la gendarmerie. Les mêmes statistiques montrent que très peu de femmes occupent des postes de haut rang, (0.5% dans les forces armées et 1,31% dans la gendarmerie).

Selon Maryse Glèlè Ahanhanzo, chef programme Wipnet/Wanep-Bénin, la faible représentativité des femmes dans ce secteur est due à des barrières. Entre autres, les conditions de recrutement et de formation, l’absence et/ou la non application d’une politique d’intégration du genre, les conditions de vie et de travail liées au stéréotype masculin, des contraintes sociologiques. Cependant, certaines de ces barrières ont volé en éclat suite à la rencontre.