La Nouvelle Tribune

Révision de la constitution: Marche des magistrats sur le Parlement ce jour

A la suite des centrales syndicales la semaine écoulée, c’est au tour des magistrats réunis au sein de l’Union des magistrats du Bénin (Unamab), de protester contre le projet de révision de la constitution introduit sur la table des députés de la 7è législature par le chef de l’Etat.

Plusieurs dispositions pouvant conduire notre pays vers un recul des acquis démocratiques sont dénoncées par les magistrats au sein de ce texte de loi envoyé au parlement, dont la fin de l’indépendance de la magistrature, si le projet de texte était adopté en l’état. Aussi, à en croire les explications de leur président Michel Adjaka sur une chaine de radio internationale, « dans le texte actuellement applicable de la constitution du 11 décembre 1990, il est clairement dit que le magistrat du siège est inamovible. Dans le nouveau texte, il est prévu que l’inamovibilité est limitée dans un délai. Et ce délai sera déterminé par une loi organique et à la fin de ce mandat, on peut le muter sans son consentement ».

Il a apporté d’autres précisions dans le nouveau texte transmis au parlement. Il déclare « ce qui nous inquiète est que le projet de révision de la constitution a consacré des citoyens super-privilégiés à savoir le président de la République, ses ministres et les députés. Le magistrat peut enclencher toute poursuite, mais il n’a pas le pouvoir de les mettre en détention ou de demander aux officiers de police judiciaire de prononcer une mesure de garde à vue à leur encontre. Ce qui est grave, c’est que ce texte consacre que pour tous les députés, cette mesure privative de liberté ne peut être prise, y compris pour les faits antérieurs à leur élection ».

C’est autant de raisons qui ont conduit les magistrats à projeter une marche de protestation suivie d’un sit-in ce jour au palais des gouverneurs à Porto-Novo. Leur cri de détresse sera-t-il entendu par les députés ? Auront-ils gain de cause ? Les jours à venir nous le diront