La Nouvelle Tribune

Bénin-Télécoms vendu au prix d’une cacahouète

La vente du plus important moyen de souveraineté en matière de télécommunication est décidée. Et comme dans un rêve, on apprend que Benin-Télécoms S.A va être cédé. Au plus offrant certes, mais en contrepartie d’un montant jugé infructueux. La décision de cession, prévue par la privatisation de Benin-Télécoms devenue incontournable, c’est le ministre Désiré Goundé Adadja, lui-même, qui l’a annoncée aux syndicalistes. De ce milieu, on apprend que le 25 janvier dernier, par message radio, le ministre a fait appeler les cadres de la Direction générale de Bénin Télécoms SA ainsi que trois représentants de chacune des six  organisations syndicales que compte l’entreprise. Il s’agissait de faire part à tous de la décision du gouvernement de finaliser la procédure du bradage de Bénin télécoms SA en cours depuis quelques temps. Montant de l’opération, seulement 26 milliards de francs CFA.

Une commission avait pourtant déjà siégé pour déclarer l’offre infructueuse en l’invalidant par ailleurs avant de faire acheminer les résultats de ses travaux au gouvernement.

Maroc Télécom, désormais déclaré adjudicataire provisoire de Bénin Télécoms SA, n’aura à payer que ce prix, pas plus élevé que le prix d’une cacahouète, pour emporter dans sa gibecière l’ensemble du patrimoine national béninois en matière de télécommunication. Jugé le plus offrant, cet operateur part avec lui  notre joyau de fibre optique, tout le réseau filaire, la totalité des réseaux hertziens de Bénin télécoms SA (CDAM, Libercom). De plus, les biens meubles et immeubles à savoir, tous les bâtiments y compris l’immeuble de la direction générale en litige avec la Poste du Bénin, tous les domaines y compris les vastes domaines d’Akpakpa et celui de Fidjrossè à Cotonou, entre autres.

Pour le détail, la fibre optique a couté au contribuable béninois, selon nos sources, plus de 150 milliards de francs CFA. La licence Gsm Libercom vaut à elle seule environ 30 milliards de francs CFA.

Dans ce deal,  à l’évidence, le gouvernement du Bénin a opté pour une opération déficitaire dans laquelle c’est le Trésor publique qui est le perdant.  Des esprits avertis indiquent qu’il était devenu clair que les offres soient largement minorées. Maroc Telecom a soumissionné sur la base des états financiers de 2008 au lieu de ceux de 2010, encore en cours d’élaboration.

Pour mémoire, Maroc Télécoms SA dont 53% du capital appartiennent au groupe français Vivendi a acquis la Sotelma au Mali pour pas moins de 185 milliards. Au Burkina Faso, c’est encore lui qui détient l’Onatel.

A partir de la procédure enclenchée au Bénin, on note que le deuxième opérateur ayant soumissionné s’appelle Expresso. Ce dernier aurait proposé 17 milliards de francs CFA.

Alertes, les syndicats de la maison projettent une action d’envergure afin de marquer son refus de cautionner le scandale. A suivre…