La Nouvelle Tribune

Michel Djotodia reconduit à la tête de la Seleka : Bénin terre d’exil ou base arrière ?

Alors que ses proches au Bénin disent qu’il ne veut plus rien savoir de ce qui se passe en Centrafrique, l’ex-président centrafricain Michel Djotodia en exil en terre béninoise a été reconduit à la tête de la Séléka à l’issue d’une Assemblée générale du mouvement qui a pris fin ce vendredi à Birao dans l’extrême nord-est de la Centrafrique.

L’ex-groupe rebelle qui a chassé François Bozizé du pouvoir en mars 2013, avant d’être contraint de céder à son tour, en janvier après de multiples exactions s’est transformé en mouvement politique avec un bureau d’une trentaine de personnes, coiffé par Michel Djotodia. A lui, s’associent Noureddine Adam et Mohamed Moussa Dhaffane pour former le trio de tête. C’est ce même trio qui avait conduit la transition de mars 2013 à janvier 2014. Mais les choses ne se sont pas bien terminées pour eux. Noureddine Adam accusé d’exactions, fait l’objet de sanctions des Nations-Unies. Mohamed Moussa Dhaffane était devenu la brebis galeuse du groupe. Il était accusé de peaufiner des manœuvres de déstabilisation du régime dirigé par  Djotodia. Le bureau qui vient d’être mis en place doit préparer l’importante rencontre de Brazzaville prévue du 21 au 23 juillet prochain. Une rencontre déterminante pour le retour à la paix en Centrafrique. Ils devront trouver un consensus avec leurs frères ennemis, les antis-balaka qui s’étaient mobilisés en riposte aux exactions que ces derniers commettaient sur les chrétiens.

Centrafrique : Michel Djotodia reprend la tête de la Seleka

Terre d’exil ou base arrière ?

Jusqu’ici Michel Djotodia, le président centrafricain en exil au Bénin reste muet comme une carpe. Rien ne filtre de lui. Selon ses proches, il s’abstient de suivre l’actualité sur son pays. Il ne veut, comme cela se doit, se mêler ni de près ni de loin à la vie politique dans son pays.  Mais voilà, cette  reconduction à la tête d’un groupe rebelle transformé en force politique, change les donnes. Michel Djotodia apparaît désormais {accessText}comme un  animal politique déchu qui est venu reprendre force au Bénin comme il l’avait déjà fait. Pour rappel, c’est en terre béninoise que  Michel Djotodia, accusé de fomenter un coup contre le pouvoir de l’ex-chef d’Etat de la Centrafrique François Bozizé, s’était  réfugié en 2006. Le Bénin d’où il est parti pour prendre la tête du mouvement rebelle de la Séléka afin de réaliser son rêve, ce dont on l’accusait, «arracher de façon brute », le pouvoir à François Bozizé. Résultat, le pays est rentré dans un cycle de violence à cause des exactions de ses frères d’armes de la Séléka opposés aux anti-Balaka.  La Séléka avec qui, il est apparemment encore en contact après avoir été contraint à démissionner pour se réfugier au Bénin. Conclusion donc, tout en mettant sa famille à l’abri du chaud et du froid au Bénin, loin des tueries en Centrafrique, il prépare un nouveau retour en force au pays. Faut-il continuer à le garder exilé au Bénin après sa reconduction à la tête de la Séléka ou faut-il lui retirer son droit d’asile ? La question est à poser au Gouvernement béninois et aux députés à l’Assemblée nationale qui sont garants de l’image du Bénin, exemple de Démocratie en Afrique.{/accessText}