La Nouvelle Tribune

Cpi : Dominic Ongwen, nouveau client noir

La Cour pénale internationale (Cpi) ne chômera jamais. Du moins tant qu’elle peut toujours avoir accès au marché africain de la criminalité pour y trouver de grands criminels comme c’est le cas de Dominic Ongwen, son nouveau client qu’elle s’apprête à accueillir. 

Dominic Ongwen remplit bien les critères d’admission devant les juges de la plus puissante juridiction mondiale. A 35 ans, Ongwen porte la lourde croix d’un seigneur de la guerre d’une cruauté excessive. Baron de la redoutable rébellion ougandaise, Lra (l’armée de la résistance du Seigneur), il aura commis une kyrielle de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il a, dit-on, dans les années 2000, tenu le commandement d’une série de campagnes marqués des milliers de meurtres, d’enrôlement d’enfants-soldats, de viols, de saccage dans le nord de l’Ouganda de même qu’en Rdc. Autant de chefs qui faisaient de lui un homme très dangereux et très recherché par la Cpi, et traqué par les Américains. C’est d’ailleurs entre les mains des  forces spéciales américaines qu’il se trouve en Centrafrique après s'être rendu. Visiblement le monde n’était pas trop grand pour lui permettre de continuer sa vie de fugitif.

Un client noir

Avec l’annonce de son transfèrement à la Cpi, revient sur le tapis, le débat du nombre de plus en plus important de clients noirs que cette instance internationale de justice reçoit. Tout se passe comme s’il n’y a de grands criminels jugeables pour la Cpi qu’en Afrique. Il est clair que nul ne se fera l’avocat du diable aux côtés de M. Ongwen à propos de son sort. Il n’est pas un client comme l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo,  encore moins le chef d’Etat en exercice du Kenya, Uhuru Kenyatta, pour avoir des sympathisants qui protesteraient contre son extradition à la Haye. En témoigne l’accord {accessText}rapidement trouvé entre les Etats-Unis et l’Ouganda pour qu’il soit livré à la Haye. Bien qu’étant un des chantres d’un départ des pays africains du traité de Rome, le président ougandais  Yoweri Museveni s’est résolu à le laisser aux mains de la Cpi. L’Ouganda étant partie prenante de ce traité ne pouvait plus se targuer du droit de juger Ongwen.

Rien qu’en Afrique

Le chef de guerre ougandais Ongwen ira donc grossir le rang des Africains trainés devant la Cpi avec les cas plus récents, du congolais Jean-Pierre Bemba, des ivoiriens Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, du président et vice-président Kenyans. Sans oublier ceux comme les centrafricains Michel Djotodia, François Bozizé, les Sud-soudanais Salva-Kiir et Machar, et le très recherché chef de la Lra Joseph Kony…qui pourraient suivre.  Il y a donc matière à doter l’Afrique d’un moyen de pouvoir elle-même régler les comptes de ses criminels. Israël un Etat comme tout autre en Afrique, s’est opposé à toute extradition de ses ressortissants devant la Cpi pour y être jugés pour les crimes commis en Palestine. Les Etats-Unis s’occupent eux-mêmes des cas américains et ce n’est pas à un Poutine qu’on demanderait d’autoriser l’envoi de  Russes devant la Cpi. Pourquoi toujours l’Afrique ?{/accessText}