La Nouvelle Tribune

Burkina : dénouement heureux, Diendéré devenu fugitif à Ouagadougou

Qui l’eut cru ! Gilbert Diendéré, le tout-puissant général burkinabé, auteur du putsch du 17 septembre dernier est désormais un fugitif. Après la prise de la caserne de Naaba Koom II par l’armée loyaliste consacrant sa capitulation, le général putschiste s’est retranché dans une ambassade pour sauver sa tête, abandonnant sa troupe.

Dépassé par la tournure qu’ont prise les évènements, Gilbert Diendéré comme un chien de chasse apeuré, a pris sa queue entre ses jambes pour détaler sans pouvoir aller loin. Quelle triste fin pour un homme dont on vantait si tant les qualités ? Trop estimé peut-être, ce militaire qui tremble au moment de faire courageusement face à son destin à savoir se rendre à la justice et éventuellement purger la peine qui lui serait infligée pour sa traitrise envers sa propre patrie. Puisque ses vacillements de dernières minutes dans le but de se passer pour un putschiste sage n’ont pas prospéré, l’homme qui sait tout de l’assassinat du charismatique ancien président Thomas Sankara, n’est pas sans savoir {accessText}l’enfer qui l’attend aux mains de la justice. L’animal militaire Gilbert Diendéré, n’aura pas vendu chère sa peau et doit pouvoir accepter de le verdict du peuple.

Un professionnalisme d’école

Au lendemain de la prise de Naaba Koom II, une prouesse suscite l’admiration générale au Burkina Faso et au-delà. Aucune victime n’a été enregistrée dans l’assaut contre les irréductibles du Régiment de sécurité présidentielle (Rsp). Les forces loyalistes sont, sans effusion de sang, parvenues à maîtriser les éléments d’une unité dite d’élite. En stratégie militaire, cette prouesse ne peut manquer d’être enseignée dans les écoles de formations d’officiers. Le chef d’Etat-major général Pingrenoma Zagré et ses hommes peuvent se sentir véritablement fiers d’honorer leur corps avec ce dénouement heureux dont ils sont les principaux acteurs. Finie donc la tyrannie Rsp, finie le règne d’une armée dans l’armée, Finie la page Blaise Compaoré, le pays des hommes intègres sonne définitivement le glas de l’’impunité et donne à la justice toute la liberté pour connaître des dossiers classés tabous sous l’ère du monarque Blaise Compaoré qui, lui-même est très attendu à la barre.{/accessText}