La Nouvelle Tribune

Me Sadikou Alao au sujet des présidentielles 2011

Vous parlez de deux pays. Moi je parlerai peut être de trois ou quatre. Je vous parlerai d’abord de la Guinée Bissau où nous avons tous à craindre de  l’Etat de non droit qui est à nos portes où les narco trafiquants risquent bientôt de faire la loi. Et s’ils font la loi en Guinée Bissau, rassurez-vous, il n’est pas loin le moment où ils feront la loi au Bénin. Il y a la Mauritanie où les esprits ne sont pas apaisés. Nous avons beaucoup de problèmes. Mais pour parler des pays qui vous intéressent, Madagascar, c’est une situation atypique. Je crois qu’il n’y a pas d’élites  politiques formées et il faut certainement aider les Malgaches d’abord à avoir une élite politique mieux formé au respect des institutions que cette société se donne. C’est surtout au niveau des hommes. Des hommes d’élite politique. Que cette élite soit dans l’opposition ou dans  la mouvance, il faut leur apprendre que la République est une chose sacrée et que ses textes doivent être respectés y compris les échéances que les textes donnent aux différents organes qui sont chargés de gérer les intérêts communs. Il y a un vrai travail à faire à Madagascar. C’est la faute de ceux qui ont dirigé Madagascar pendant des années de n’avoir pas gouverné Madagascar dans le droit et dans la légalité. Ce travail reste  à faire.
Vous parlez du Togo. Le Togo pour nous c’est très proche et c’est très inquiétant. C’est très inquiétant parce qu’ on a comme l’impression et nous nous devons nous en inquiéter qu’il n’y a pas d’Etat de droit. Parce que ce qui est arrivé ces derniers jours au Togo dans la famille présidentielle est extrêmement grave. Nous devons nous au Bénin prendre nos distances par rapport à ça. Parce que si l’on ne peut pas respecter les dispositions constitutionnelles et les dispositions du code pénal et du code de procédure pour arrêter un individu qui est de la famille présidentielle, imaginez-vous ce que ce sera lorsqu’ il faudra arrêter l’individu de citoyen lamda ou un membre de l’élite politique qui ne soit pas proche du chef de l’Etat. Si l’on va arrêter quelqu’un à coups de canon au point d’attenter à sa vie,  alors qu’on aurait pu l’interpeller et qu’on ne nous dise pas en matière de cadence, si avec fragrance ce n’est même pas l’armée qui doit arrêter, on nous parle d’une enquête préliminaire et la manière dont ça a été traité, c’est extrêmement grave. Si ça se passe à nos portes nous avons sérieusement à craindre pour nous- mêmes parce que notre pays est proche du Togo. Ce qui se passe au Togo ne nous est pas étranger et n’est pas impossible même que dans ce que l’on dit au Togo sur ce qui se passe, notre pays ne soit pas impliqué. Alors, nous devons faire très attention.

Réalisation : Golf fm, Gerddes fm et La Nouvelle Tribune
Transcription :Blaise Ahouansè