La Nouvelle Tribune

Diabète : Facteurs de risques et complications

Le diabète fait beaucoup de ravages dans le monde. Les facteurs favorisant la survenue du diabète et ses conséquences, demeurent cependant inconnus de la grande masse.

Le diabète sucré est une maladie chronique. Il s’agit d’une affection caractérisée par l’augmentation chronique du taux de sucre dans le sang, (hyperglycémie). A en croire le docteur Colette Azandjème, médecin de Santé Publique, spécialiste de la nutrition à l’Institut Régional de Santé Publique de Ouidah, l’affection est due à une défaillance de la sécrétion d’insuline, de son action ou des deux mécanismes. Elle est caractérisée par une perturbation du métabolisme des hydrates de carbone (glucides), des graisses et des protéines.

Fonctionnement du pancréas

Normalement quand on mange, le taux de sucre notamment provenant des aliments augmente dans le sang. Le pancréas détecte l’augmentation du taux de sucre dans le sang (glycémie).  Ensuite, les cellules bêta du pancréas, regroupées en amas appelés îlots de Langerhans, secrètent de l’insuline. L'insuline permet au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme : muscles, tissus adipeux et foie où il va pouvoir être transformé et stocké. Le glucose est le carburant, la source d’énergie des cellules. « Le diabète survient quand le pancréas est en difficulté et a du mal à secréter l’insuline, ou quand les cellules sont incapables de recevoir le glucose pour diverses raisons», a indiqué le médecin.

Facteurs de risques du diabète

Nombreux sont les facteurs qui entraînent ou influencent le diabète. Certains de ces facteurs sont non modifiables (gens, âge), alors que la plupart restent modifiables.  « Plus on vieillit, et plus on a de chance d’être diabétique », a affirmé le docteur Azandjème C. De plus, le diabète peut se transmettre par ADN. « Quand un parent proche à le diabète, on a 25 à 50% de chance de l’avoir », a confirmé la nutritionniste.

Outre ces facteurs non modifiables, on constate aussi des facteurs modifiables. Les facteurs modifiables sont environnementaux et comportementaux, il s’agit essentiellement du mode de vie, et ce sont eux qui détermineront prioritairement une apparition précoce du diabète. En effet, le mode et le style de vie caractérisés par un faible niveau d’activité physique, le tabagisme associé à une alimentation déséquilibrée, trop riche en farines raffinées, en matières grasses, en sucre et sel, et pauvre en micronutriments (vitamines, minéraux, oligoéléments), sont responsables du surpoids et de l’obésité qui à leur tour favoriseront la survenue de la maladie.

La fréquence de plus en plus importante du diabète est aussi attribuable à l’urbanisation, qui expose à un mode de vie sédentaire et à une offre alimentaire moins saine et plus abondante en aliments industriels.

De même, il y a des causes environnementales dont la contamination des aliments par les pesticides. Ces produits chimiques inadéquatement et abondamment utilisés en agriculture, qui se retrouvent dans les sols et les cours d’eau et le long de la chaîne alimentaire, à des concentrations supérieures aux limites tolérables, provoquent des perturbations dans le métabolisme des aliments et induisent in fine le diabète.

Manifestation du diabète et complications

Comme toute maladie, le diabète a ses manifestations. Il s’agit ici des 3P (polyurie, polydipsie, polyphagie) et 2A (Amaigrissement ; Asthénie) : l’individu urine beaucoup, boit beaucoup et mange beaucoup mais il maigrit et est très fatigué.

Les complications sont graves et invalidantes. « Quand on diagnostic le diabète, les complications s’installent déjà à 50% », a-déclaré la docteure. L’une des complications étant la baisse de l’acuité visuelle, et la perte de la vue à long terme. Une autre conséquence est le pied diabétique. D’après l’explication du docteur Colette Azandjème, le pied diabétique est un pied dont les nerfs sont devenus insensibles et les vaisseaux sanguins des membres inférieurs sont atteints. Ce pied, à la moindre blessure, s’infecte facilement et est susceptible de développer une gangrène et d’une amputation si les soins ne se font pas assez tôt. Le diabète peut agir sur les reins et entrainera une insuffisance rénale. De même, il peut agir sur le cœur et les vaisseaux sanguins. On peut également relever l’impuissance sexuelle, ou la baisse de la libido. Toutes ces complications amènent indubitablement à la mort, mais avant, elles perturbent la qualité de vie du malade. La mort peut survenir plus rapidement quand on laisse les complications aigües s’installer, par retard de diagnostic ou par faute de soins.

Plusieurs types de diabète

Le diabète regroupe plusieurs maladies dont les mécanismes de survenue sont différents. On distingue généralement le diabète de type I, le diabète de type II, le diabète gestationnel et les diabètes secondaires.

Le diabète de type 2 est la plus fréquente des maladies diabétiques, et est plus souvent observé chez l’adulte. Il apparaît généralement suite à un double problème. Les cellules du pancréas sont capables de produire de l'insuline, mais soit cela ne suffit pas, soit l’insuline produite est incapable de faire rentrer le glucose dans les cellules pour produire de l’énergie (également connu sous le nom de résistance à l'insuline), conduisant à une accumulation de glucose dans le sang.

Le diabète de type I quant à lui, survient le plus souvent chez les enfants, et est en général dû à une destruction des cellules du pancréas pour diverses causes. Le diabète gestationnel survient chez la femme au cours de la grossesse, et finit après la grossesse. Les autres formes de diabètes sont souvent d’origine génétique ou environnementale.

Préventions et conseils aux diabétiques

Nonobstant les conséquences graves de cette maladie, on peut éviter d’y succomber par de simples contrôles alimentaires et un mode de vie plus sain, caractérisé par l’absence de consommation de tabac, une consommation modérée d’alcool et une activité physique intense d’au moins 150 mn par semaine, ou 30 minutes par jours. Il faut manger des plats équilibrés, composés à moitié de légumes, au quart de céréales ou tubercules, et au dernier quart de viande/poisson, ou toute autre source de protéines. La règle générale est d’avoir une assiette avec peu de glucides, assez de protéines et beaucoup de légumes. Ce plat doit être très peu riche en matières grasses (moins d’une cuillère à soupe par repas), pauvre en sel et sans ajout de pas de sucre. Une portion de fruit, une à deux fois par jour est conseillée, et il faut boire suffisamment d’eau (au moins 1,5litre par jour).  Il faut donc une prise en charge nutritionnelle pour faire reculer le diabète ou ses conséquences. Quand la prise en charge nutritionnelle n’est pas suffisante, il faut faire appel une prise en charge médicamenteuse. Le diabète est une maladie chronique grave, mais que l’on peut éviter par une alimentation et un mode de vie plus sains. Ces conseils nutritionnels donnés aux diabétiques sont valables pour toute personne à risque de diabète, c’est-à-dire ceux qui présentent un ou plusieurs des facteurs de risque de cette maladie, a souligné docteur Colette Azandjème.