La Nouvelle Tribune

Gestion du conseil sectoriel du dialogue social : entre affectation punitive et nomination partisane

Le Conseil Sectoriel du Dialogue Social (CSDS) de l’éducation nationale organise ses séances pour valider les décisions du gouvernement et non pour associer les syndicats à la prise des décisions.

La façon dont le gouvernement gère les nominations au poste de directeurs d’école et les affectations est arbitraire selon le Syndicat national des enseignants publics, primaire et maternel (SYNAPRIM) et certains enseignants. Selon le secrétaire général  du SYNAPRIM, la dernière séance du Conseil Sectoriel du Dialogue Social (CSDS) a déçu les enseignants qui y ont participé. Aux dires de Paul Essè Iko, SG/ SYNAPRIM, de l’analyse qui a été faite sur les séances de travail du CSDS, il ressort que les décisions qui y sont prises et qui sont contenues dans les arrêtés 139 et 140 relatives aux affectations et aux nominations aux postes de directeurs d’écoles ne respectent pas les aspirations de la majorité des enseignants du pays. La procédure suivie dans l’organisation du CSDS déplait. Les syndicats et les enseignants en général ne sont pas saisis de façon formelle. On ignore les moments où cette réunion doit se tenir. Pis, les comptes-rendus exhaustifs des différentes séances ne font pas l’objet de publication de façon officielle et formelle. « Tout se comme si ce ne sont que les perdièms qui mobilisent les participants » se désole le Secrétaire Général du SYNAPRIM. Il est déploré qu’au CSDS aux Secrétaires Généraux les décisions. Or, les CSDS sont destinés à partager le consentement de chaque responsable syndical, la décision qui en serait issue étant de vocation à participer à la gestion du pays. Les autorités gouvernementales organisatrices de ces séances peu de respect aux participants. Après présentation de l’ordre du jour, les débats ne font plus objet d’écoutes sérieuses. Car la décision qui en sera issue est déjà préétablie. Concernant les affectations par exemple, il est légalement stipulé que les responsables syndicaux  ne peuvent être affectés que sur leur consentement. Mais pour fragiliser le mouvement  syndical, le gouvernement de Yayi Boni foule cette loi au pied. Les nominations aux postes de directeurs d’écoles dans la fonction publique obéissent à un certain nombre d’exigences. Des dispositions de la loi régissant en la matière sont violées notamment le critère d’ancienneté. On préfère nommer le plus tôt son partisan politique ou son frère or la loi exige qu’on respecte l’ancienneté.

Le secrétariat exécutif du SYNAPRIM a déjà effectué toutes ces observations aux dirigeants du CSDS. Mais force est de constater qu’il ne fait point attention à ces exigences légales. C’est pour cette raison que les directeurs d’écoles se sont réunis le lundi dernier à la bourse du travail à Cotonou en vue d’organiser une riposte hardie.