La Nouvelle Tribune

Incidents opération port obligatoire de casque : les rappels à l’ordre aux forces de l’ordre et aux populations

Après la première journée mouvementée du contrôle du port de casque par les motocyclistes dans les villes de Calavi et Cotonou, avec notamment, le soulèvement populaire à Mènontin, le commissaire principal de Police, Louis Tokpanou, invité de l’émission «Eclairage» de ce dimanche sur la radio nationale Ortb, a rappelé à l’ordre les policiers accusés de brutaliser les usagers de la route et les auteurs d’actes d’incivisme.

Baptisée «opération dragon », la phase répressive du contrôle du port obligatoire de casque annoncée, a effectivement  démarré ce samedi 02 août dans  les villes de Cotonou et Calavi où selon les données du Centre national de sécurité routière (Cnsr), de nombreux morts par traumatisme crâniens de suite d’accident de circulation, ont été recensées ces dernières années au Bénin.  Pour sa première journée, l’opération s’est déroulée avec beaucoup de grincement de dents. Le dragon de l  « opération dragon » a effectivement craché du feu, notamment au quartier Mènontin à Cotonou où les populations révoltées par un traitement inhumain qui aurait été infligé à un motocycliste ont brûlé des pneus au carrefour Bénin-Marché, à quelques pas du Stade de l’Amitié. De même au quartier Vodjè où il y a eu aussi incendie de pneus pour la même opération dimanche. Et la situation  était également tendue par endroits à Calavi où des policiers ont arpenté des ruelles pour réprimer des motocyclistes sans casques.

L’incident de Mènontin

A propos du citoyen qui aurait été brimé et même tué selon certaines sources, le commissaire apprend que  ce n’était pas le cas. Approché à l’hôpital où  il était admis, « Célestin Tessi, l’intéressé a dit devant tout le monde que les policiers ne lui ont jamais porté  le moindre coup » rapporte–t-il, ajoutant  qu’« il  simulait le mort. Quand on lui a demandé  de se lever  et  de venir chercher sa moto, il  s’est levé effectivement  et quand on lui a appris ensuite que sa moto était embarquée il s’est à nouveau {accessText}jeté à terre et à recommencé à se tordre de douleur en roulant sur lui-même ». Il dénonce la déformation des faits par des citoyens qui ont ventilé une fausse version dans les médias de même que l’incivisme de personnes qu’il a taxées «de voyous » qui ont brûlé des pneus, soumettant ainsi les rares infrastructures routières du pays à la destruction précoce. « Là où c’est totalement ridicule c’est que les policiers n’étaient plus là quand les voyous ont incendié les pneus » a-t-il dit ; condamnant cet acte d’incivisme sur une infrastructure réalisée avec des prêts extérieurs.

Dragon courtois sans rançonnement

L’opération dragon, selon le Commissaire principal de police,  Louis Tokpanou, reçu hier dans l’émission dominicale «éclairage »  sur la radio nationale, ne doit pas se faire dans la brutalité. « C’est avec la plus grande courtoisie que l’opération va continuer ».  Au cours du débriefing  de la première journée tumultueuse,  indique le commissaire, « les collègues ont reçu des consignes fermes de continuer l’opération avec la courtoisie, de continuer à sensibiliser les populations. Il faut traiter l’usager de façon très humain ». En réalité,  conformément à la règlementation, explique-t-il, «lorsqu’un citoyen porte un casque, s’il remorque quelqu’un qui n’a pas porté de casque, c’est que l’infraction est commise, consommée. Les différents textes que nous avons lus n’ont pas exempté le passager ». Mais à leur niveau, pour ce début de l’opération, ils ont choisi d’aller progressivement jusqu’à 100% d’application. «Lorsque vous arrêtez une moto dont le conducteur est casqué et c’est celui ou celle qu’il a remorqué qui n’est pas casqué, descendez gentiment, simplement le passager, conseillez le/ là pour l’amener à comprendre la nécessité   d’assurer sa propre sécurité en achetant son casque » a-t-il dit à l’endroit des policiers. Quant aux usagers ils doivent savoir  « qu’il arrivera un moment où si on arrête quelqu’un qui a remorqué un autre qui n’est pas casqué, on va lui appliquer la sentence complète ».par ailleurs, insiste le commissaire Tokpanou, «Il n’est pas question qu’un policier rançonne quelqu’un ».Sur ce, il invite les populations à saisir les responsables de la police pour leur signaler  tout fait déplacé de policier et « si un policier est rançonneur, il va ramasser les conséquences ».  Aussi a-t-il dit « il n’est pas question qu’un policier n’observe pas la courtoisie. Il n’est pas question qu’un policier arrête quelqu’un qui est casqué et qui a remorqué quelqu’un qui n’a pas porté de casque ».{/accessText}