Algérie - France : un reportage de France 2 crée un incident diplomatique

Depuis quelques années, les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie ont traversé une crise profonde. Le soutien de la France à l’autonomie sous souveraineté marocaine du Sahara occidental a suscité l’indignation à Alger et provoqué le rappel des ambassadeurs, tandis que des expulsions réciproques de diplomates ont montré un refroidissement brutal des liens bilatéraux. En 2025, Alger a de nouveau ordonné le départ de responsables diplomatiques français, et Paris a riposté en expulsant des agents algériens et en rappelant son propre ambassadeur. Ces tensions s’insèrent dans une situation de désaccords sur des questions historiques, sécuritaires et migratoires, rendant les rapports entre les deux anciens partenaires toujours fragiles. C’est dans ce climat déjà fragilisé qu’un reportage télévisé a ravivé les contentieux entre Paris et Alger, transformant une mise en antenne en incident diplomatique.

Une diffusion qui déchaîne les autorités algériennes

La chaîne France 2 a diffusé le 22 janvier un reportage intitulé Rumeurs et coups tordus : la guerre secrète France – Algérie, présenté dans la série Complément d’enquête. Cette investigation ciblait des activités politiques menées de façon dissimulée par des ressortissants algériens sur le sol français. À peine deux jours après sa diffusion, le ministère algérien des affaires étrangères a pris la décision de convoquer l’ambassadeur par intérim de France pour signifier son mécontentement.

Alger a caractérisé le reportage comme un amalgame de faussetés grossières et de déformations délibérées constituant une agression directe contre l’État algérien, ses structures officielles et ses symboles nationaux. Les autorités n’ont pas épargné leurs critiques, qualifiant le programme de provocation injustifiée dotée d’accusations jugées inacceptables envers le régime.

Publicité

Algérie – France : le rôle contesté des autorités publiques françaises

La diplomatie algérienne a été particulièrement irritée par ce reportage, pour des raisons qui vont bien au-delà de son contenu. Dans une note officielle, Alger a établi un lien direct entre la rédaction de France 2 et l’appareil gouvernemental français, estimant que cette diffusion n’aurait pu avoir lieu sans l’accord, explicite ou implicite, des autorités françaises compétentes. En d’autres termes, l’Algérie laisse entendre que le gouvernement français aurait, volontairement ou non, validé cette initiative.

Alger a également critiqué l’implication de la représentation diplomatique française, et plus particulièrement de l’ambassadeur, dans ce qu’elle décrit comme une campagne hostile soigneusement planifiée. Cette accusation évoque une responsabilité collective que Paris pourrait contester, mais qui montre la perception algérienne d’une coordination entre les médias et la sphère diplomatique française.

Les autorités algériennes ont prévenu leurs homologues français qu’elles se réservent le droit d’adopter toutes les mesures jugées appropriées face à la gravité de cette situation. Cette formulation diplomatique reflète une montée de tension et laisse entrevoir la possibilité de représailles, qu’elles soient politiques, économiques ou consulaires.

Laisser un commentaire