Mercredi 8 janvier 2026, Renee Good, une Américaine de 37 ans et mère de trois enfants, a été abattue par Jonathan Ross, un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), dans les rues de Minneapolis. Selon les témoignages de sa femme, elle se trouvait dans son véhicule pour soutenir des voisins lors d’une opération d’immigration lorsque le tir fatal l’a atteinte. Le département de la Sécurité intérieure a diffusé une vidéo de l’incident, affirmant que la victime aurait entravé une opération des forces de l’ordre, sans toutefois apporter de preuves. Cette mort tragique a déclenché une vague d’indignation qui dépasse désormais les frontières du Minnesota.
Des milliers de manifestants américains mobilisés contre la politique migratoire de Trump
La colère populaire s’est traduite par des rassemblements massifs à travers tout le pays ce week-end. À Minneapolis, épicentre de la contestation, plusieurs milliers de personnes ont convergé samedi vers Powderhorn Park, un lieu symbolique déjà marqué par les manifestations de 2020 après la mort de George Floyd. Le cortège a ensuite traversé les quartiers de la ville pour se recueillir à l’endroit où Renee Good a perdu la vie. Malgré des températures glaciales et des flocons de neige, les manifestants ont partagé boissons chaudes et couvertures tout en scandant des slogans réclamant justice.
La mobilisation a rapidement gagné d’autres métropoles américaines. À Los Angeles, New York, Boston, Philadelphie, Washington ou encore El Paso, des foules importantes ont défilé avec des pancartes proclamant « ICE out for good » ou « Justice pour Renee ». La coalition progressiste Indivisible a coordonné plus d’un millier d’événements sur l’ensemble du territoire pour ce week-end, faisant de cette mobilisation l’une des plus importantes contre la politique d’immigration de l’administration Trump.
Minneapolis théâtre de tensions entre manifestants et forces de l’ordre
Si la grande majorité des rassemblements se sont déroulés dans le calme, des incidents ont éclaté vendredi soir dans le centre-ville de Minneapolis. Environ un millier de personnes s’étaient réunies devant des hôtels où des agents de l’ICE auraient séjourné. Une partie du groupe s’est détachée du cortège principal, bloquant des routes et causant des dégâts matériels à plusieurs établissements. Le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, a indiqué que 29 personnes avaient été interpellées et qu’un officier avait été blessé par un bloc de glace lancé dans sa direction.
Le maire Jacob Frey a salué l’attitude responsable de l’immense majorité des manifestants tout en prévenant que toute violence serait sanctionnée. Il a appelé ses concitoyens à répondre au chaos par l’unité plutôt que par la destruction. Le même jour, plusieurs élues démocrates du Minnesota, dont la représentante Ilhan Omar, se sont rendues dans un centre de détention de l’ICE à Minneapolis. Le département de la Sécurité intérieure les a accusées de vouloir traquer les agents fédéraux, une allégation que les parlementaires ont rejetée en dénonçant une entrave à leur mission de contrôle.
