Les avancées fulgurantes de l’intelligence artificielle générative ne cessent de bousculer les cadres réglementaires établis. Entre la création d’images manipulées, les deepfakes et les contenus potentiellement illicites, les géants technologiques se retrouvent sous le feu des critiques et des sanctions. Le propriétaire de X en fait l’amère expérience depuis plusieurs semaines, confronté à une offensive coordonnée des autorités européennes qui menace désormais l’existence même de sa plateforme sur le Vieux Continent.
Elon Musk qualifie le gouvernement britannique de fasciste après les menaces d’interdiction de X
Le milliardaire américain a franchi un cap rhétorique le 10 janvier 2026 en s’en prenant violemment à l’exécutif de Keir Starmer. Réagissant à un graphique affirmant que le Royaume-Uni détient le record mondial d’arrestations pour des commentaires publiés sur les réseaux sociaux — plus de 12 000 personnes selon ces données —, Elon Musk a lancé sur sa propre plateforme : « Why is the UK government so fascist? » Le patron de Tesla et SpaceX est allé jusqu’à qualifier le pays d’« île-prison », accusant les autorités de vouloir « supprimer la liberté d’expression » sous n’importe quel prétexte.
Cette sortie véhémente intervient alors que le gouvernement britannique brandit la menace d’une interdiction pure et simple de X sur son territoire. Le Premier ministre Keir Starmer n’a pas mâché ses mots, qualifiant de « honteux » et « dégoûtant » les dérives constatées sur la plateforme. L’Ofcom, le régulateur britannique des communications, dispose en vertu de l’Online Safety Act du pouvoir de demander à la Haute Cour de bloquer l’accès au réseau social et de couper ses sources de revenus, qu’il s’agisse de la publicité ou des abonnements payants.
L’amende européenne de 120 millions d’euros et la colère du patron de X contre Bruxelles
L’escalade verbale avec Londres s’ajoute à un conflit ouvert avec l’Union européenne. Début décembre 2025, la Commission européenne a infligé à X une amende de 120 millions d’euros pour violation du Digital Services Act, notamment en raison de pratiques jugées trompeuses concernant les badges de vérification bleus devenus payants. La réaction du milliardaire fut immédiate et explosive : comparaison de l’UE au « Quatrième Reich », appel à l’abolition des institutions européennes, accusations de censure généralisée.
Au cœur de cette tempête se trouve Grok, l’outil d’intelligence artificielle développé par xAI et intégré à X. Des utilisateurs ont exploité ce chatbot pour générer des images sexualisées de femmes et d’enfants sans leur consentement, y compris de personnalités publiques. Face au tollé, la fonctionnalité de génération d’images a été restreinte aux abonnés payants, sans toutefois mettre fin aux possibilités de manipulation sur l’application autonome de Grok. La secrétaire d’État britannique à la Technologie, Liz Kendall, a exigé des réponses de l’Ofcom « en jours, pas en semaines », tandis que la Commission européenne a ordonné à X de conserver tous les documents internes relatifs à Grok jusqu’à fin 2026.
Entre provocations sur les réseaux sociaux — dont le partage d’images générées par IA montrant Keir Starmer en bikini — et soutien affiché à des figures controversées de l’extrême droite britannique comme Tommy Robinson, Elon Musk semble avoir choisi la confrontation frontale avec les régulateurs européens. Une stratégie risquée qui pourrait précipiter l’exclusion de sa plateforme de marchés représentant des centaines de millions d’utilisateurs.



