Les forces armées chinoises ont récemment mené un exercice militaire reproduisant une frappe ciblée contre les dirigeants taïwanais, selon le journal japonais Nikkei Asia. Cette simulation, diffusée sur la télévision d’État CCTV, intervient quelques jours après l’opération américaine au Venezuela ayant conduit à l’enlèvement du président Nicolás Maduro. Pékin n’a communiqué aucune information officielle sur le lieu, la date ou les unités impliquées dans ces manœuvres. L’exercice soulève des interrogations majeures sur les intentions militaires de la Chine envers l’île qu’elle considère comme partie intégrante de son territoire. Les tensions dans le détroit de Taïwan atteignent désormais un niveau sans précédent depuis plusieurs décennies.
Forces spéciales chinoises : un assaut nocturne exécuté en moins de deux minutes
Les images diffusées par la chaîne militaire de China Central Television révèlent une opération d’une redoutable efficacité. Un drone militaire procède d’abord au repérage d’un bâtiment abritant les cibles désignées. Une unité de forces spéciales lance ensuite un assaut nocturne, utilisant des arbalètes de qualité militaire pour neutraliser silencieusement les postes de garde. Quatre individus qualifiés de « terroristes » sont éliminés au cours de cette démonstration qui s’achève en moins de cent vingt secondes. Cette rapidité d’exécution témoigne du niveau d’entraînement atteint par l’Armée populaire de libération dans ce type d’opérations chirurgicales visant à paralyser le commandement adverse dès les premières heures d’un conflit potentiel.
Les analystes japonais établissent un parallèle évident avec les méthodes employées par Washington dans les Caraïbes au début du mois de janvier. Le scénario mis en scène par Pékin reproduit les caractéristiques d’une opération de neutralisation rapide des centres de décision ennemis, une tactique désormais validée sur le terrain par les États-Unis eux-mêmes. Cette démonstration volontaire des capacités chinoises s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour de l’île, où les exercices militaires se multiplient depuis plusieurs années avec une intensité grandissante.
L’opération américaine au Venezuela ouvre une nouvelle ère géopolitique
Le 3 janvier 2026, des forces spéciales américaines ont mené une opération fulgurante à Caracas, capturant le président vénézuélien Nicolás Maduro pour le transférer aux États-Unis où il doit être jugé pour des accusations liées au narcotrafic. Cette intervention militaire unilatérale, justifiée par l’administration Donald Trump au nom de la lutte contre le « narco-terrorisme », a provoqué une onde de choc diplomatique mondiale. Les réseaux sociaux chinois se sont immédiatement enflammés, les sujets liés à cette capture générant plus de 650 millions d’interactions sur Weibo en moins de quarante-huit heures. De nombreux internautes nationalistes ont suggéré que cette opération pourrait servir de modèle pour une future prise de contrôle de Taïwan par Pékin. La question qui agite désormais les cercles stratégiques asiatiques est claire : si les États-Unis peuvent enlever un chef d’État dans leur zone d’influence, pourquoi la Chine ne pourrait-elle pas agir de manière similaire dans son propre voisinage ?
Cette interrogation prend une dimension particulière au regard des déclarations répétées du président Xi Jinping concernant la réunification avec Taïwan. Dans ses vœux du Nouvel An, le dirigeant chinois a affirmé qu’une prise de contrôle de l’île était inévitable et ne pourrait être empêchée. Certains experts occidentaux estiment que l’action américaine au Venezuela établit un précédent dangereux susceptible d’encourager les grandes puissances à recourir unilatéralement à la force dans leur sphère d’influence régionale.
Blocus naval et milice maritime : Pékin intensifie ses préparatifs autour de Taïwan
Parallèlement aux exercices de forces spéciales, la Chine déploie une stratégie d’encerclement maritime de grande ampleur. Selon le New York Times, Pékin a mobilisé à deux reprises des milliers de navires de pêche au cours des dernières semaines pour simuler un blocus de l’île. Lors d’une première manœuvre, environ 1 400 bâtiments ont interrompu leurs activités habituelles pour former des barrières flottantes s’étendant sur plus de 320 kilomètres. Une seconde opération a vu près de 2 000 embarcations constituer un cordon de près de 500 kilomètres. Ces navires appartiennent à la milice populaire, une flotte officiellement civile que Pékin peut mobiliser à des fins militaires pour congestionner les voies maritimes et créer une zone grise entre activités civiles et opérations de guerre.
Les exercices baptisés « Mission Justice 2025 » menés fin décembre avaient déjà marqué une escalade significative. Durant deux jours, une vingtaine de navires de guerre et plus de deux cents aéronefs ont participé à des tirs réels simulant le blocus des ports taïwanais, certains missiles terminant leur course à une cinquantaine de kilomètres seulement des côtes de l’île. Un rapport du Pentagone publié le 23 décembre estime que la Chine développe les capacités nécessaires pour mener et remporter un conflit contre Taïwan d’ici la fin 2027, même si les responsables américains soulignent que cette préparation militaire ne signifie pas nécessairement une intention d’agir. Les autorités taïwanaises, pour leur part, rejettent toute comparaison avec la situation vénézuélienne, rappelant que l’île dispose de capacités défensives sans commune mesure avec celles de Caracas et bénéficie d’un soutien stratégique américain autrement plus substantiel.



