Litige Niamey–Orano : un collège d’experts mis en place pour défendre les intérêts du Niger

Le différend opposant l’État du Niger au groupe français Orano ne date pas de ces dernières semaines. Il s’est progressivement cristallisé autour des activités d’exploitation de l’uranium, des désaccords contractuels et financiers, ainsi que de la volonté affichée par les autorités nigériennes de reprendre la main sur un secteur jugé stratégique. Des procédures ont été engagées, tandis que des tensions juridiques et économiques se sont accumulées, plaçant les relations entre Niamey et l’opérateur minier sous haute surveillance.

Face à cette situation, le gouvernement nigérien a décidé de renforcer son dispositif de défense. Récemment, un collège d’experts a été officiellement constitué à Niamey sous l’autorité du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Alio Daouda rapporte Africa24 Tv. L’objectif affiché est clair : structurer une réponse cohérente et documentée aux actions engagées par Orano et préparer les dossiers portés au nom de l’État nigérien.

Une riposte juridique structurée autour des ressources minières du Niger

La mise en place de ce collège d’experts répond à un besoin précis : disposer d’une base de travail solide pour traiter l’ensemble des contentieux liant le Niger à Orano. Les experts ont pour tâche de centraliser les plaintes existantes, d’en analyser la portée et de mettre en cohérence les différents volets du litige. Cette approche vise à éviter une dispersion des arguments et à renforcer la lisibilité de la position nigérienne.

Publicité

Une attention particulière est accordée aux conséquences économiques, environnementales et sanitaires associées aux activités minières. Les travaux du collège doivent permettre de rassembler des éléments factuels, d’évaluer les préjudices allégués et de consolider les dossiers susceptibles d’être présentés devant des juridictions nationales ou internationales. L’enjeu dépasse la seule dimension judiciaire : il s’agit aussi de défendre les intérêts financiers et souverains du Niger dans un secteur clé de son économie.

Dans cette optique, les experts sont appelés à produire des analyses techniques et juridiques destinées à appuyer les décisions des autorités. Ces contributions doivent servir de socle aux arguments développés par l’État, qu’il s’agisse de répondre à des procédures déjà engagées ou d’envisager des actions complémentaires.

Le contentieux Niger–Orano face aux instances judiciaires internationales

Le travail du collège d’experts concerne également le suivi des procédures lancées par Orano devant certaines instances arbitrales, notamment le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Ces dossiers exigent une préparation minutieuse, tant sur le plan juridique que sur celui des preuves à produire. Pour Niamey, l’enjeu consiste à faire valoir sa lecture des accords et des obligations liant les deux parties.

Les experts devront ainsi coordonner leurs analyses avec les équipes chargées de représenter l’État du Niger devant ces juridictions. Cette coordination vise à assurer une continuité dans la défense, en évitant les contradictions et en renforçant la crédibilité des positions soutenues. Le gouvernement entend ainsi disposer d’arguments étayés, fondés sur des données vérifiables et des analyses techniques solides.

Au-delà des procédures en cours, la création de ce collège marque une volonté de mieux anticiper les développements futurs du litige. En structurant dès à présent sa défense, le Niger cherche à réduire les marges d’incertitude et à clarifier les responsabilités qu’il entend faire reconnaître. Cette démarche traduit une approche méthodique face à un contentieux aux implications économiques et juridiques importantes

Laisser un commentaire