Washington s’alarme d’une modernisation nucléaire chinoise qui, selon les services de renseignement américains, pourrait propulser la Chine au rang de première puissance nucléaire mondiale sur le plan technologique — devant les États-Unis et la Russie.
Vendredi 20 février. La Central Intelligence Agency et plusieurs agences fédérales américaines transmettent une alerte formelle : Pékin aurait conduit des essais nucléaires clandestins et développerait des systèmes d’armement d’une sophistication inédite. L’information, relayée par CNN, déclenche une onde de choc dans les capitales occidentales.
Au cœur de l’inquiétude américaine : des missiles capables de transporter simultanément plusieurs ogives nucléaires miniaturisées. Le missile balistique DF-5C, présenté publiquement lors de la parade militaire du 3 septembre 2025 célébrant le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, cristallise ces craintes. Selon les sources du renseignement américain, ce vecteur pourrait emporter jusqu’à six véhicules de rentrée indépendants, chacun pesant 600 kilogrammes. Pékin dément.
Une montée en puissance documentée depuis des années
La surprise reste relative pour les analystes. Depuis 2019, la Chine a doublé son arsenal : de 290 ogives recensées par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) à 600 en janvier 2025 — soit une progression d’environ 100 nouvelles têtes nucléaires par an depuis 2023. Aucune autre puissance nucléaire n’affiche un rythme comparable.
Cette rivalité technologique et militaire entre les États-Unis et la Chine s’est durcie bien avant les récentes alertes. Depuis les années 2010, les deux puissances s’affrontent sur les missiles hypersoniques, les systèmes de défense antimissile, l’intelligence artificielle militaire et la maîtrise des semi-conducteurs stratégiques. Les dirigeants chinois ont régulièrement accusé les dirigeants américains de chercher à contenir le développement militaire de Pékin ; Washington dénonce de son côté une opacité délibérée sur les capacités nucléaires chinoises.
Le Pentagone anticipait déjà un doublement des capacités chinoises à l’horizon 2035, avec un arsenal pouvant atteindre 1 500 ogives. Les événements de février 2026 suggèrent que cette projection sous-estimait le rythme réel de la modernisation.
La fin du New START, accélérateur d’une nouvelle course aux armements
Le 5 février 2026, le traité New START — dernier accord encadrant les arsenaux stratégiques américain et russe — expirait sans successeur. Le secrétaire d’État Marco Rubio l’écrivait sans détour dans une note publiée sur Substack : « Les États-Unis pourraient bientôt faire face non pas à une, mais à deux puissances nucléaires de rang comparable. »
L’essai nucléaire présumé de juin 2020 sur le site de Lop Nur, en Mongolie intérieure, refait surface dans les briefings des agences. Jamais confirmé officiellement, il ressurgit aujourd’hui comme pièce à charge dans un dossier que Washington reconstitue fragment par fragment.
Du côté chinois, la doctrine officielle reste celle du « non recours en premier » — l’engagement de ne jamais déclencher une frappe nucléaire, seulement d’y répondre. Une posture que la rapidité de la modernisation en cours rend de plus en plus difficile à interpréter pour les stratèges américains.
Le prochain rapport annuel du Pentagone au Congrès sur les capacités militaires chinoises, attendu à l’automne 2026, devrait apporter de nouveaux éléments chiffrés sur l’ampleur réelle du programme.
