Mohamed Bekkali, 24 ans, originaire du quartier Anjou à Montréal, est au centre d’une controverse qui secoue le Québec depuis fin mars 2026, après la diffusion virale d’une vidéo le montrant insulter copieusement une agente du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) lors d’une interception routière survenue à l’été 2025. Le dossier judiciaire de ce Montréalais d’origine marocaine dépasse largement cet incident isolé.
Un comportement documenté dans plusieurs corps de police
L’interception qui a déclenché la polémique remonte à juin 2025. Une agente du SPVM arrête le véhicule de Bekkali pour vitres teintées non conformes au Code de la sécurité routière — infraction passible d’une amende entre 154 et 274 dollars au Québec. L’automobiliste enchaîne alors une salve d’insultes à caractère misogyne, que le SPVM qualifiera publiquement de « misogynes et dégradantes ». La policière, deux ans de service, maintient son calme tout au long de l’intervention. Bekkali filme la scène lui-même et la publie sur TikTok, où elle accumule des millions de vues.
Ce n’est pas son premier accrochage avec des forces de l’ordre. Un incident distinct survenu en juin 2025 au centre-ville de Montréal l’aurait opposé à deux autres patrouilleurs du SPVM, selon des informations rapportées par la presse locale québécoise. Un mois avant la scène virale, en mai 2025, le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) lui délivre une amende de 228 dollars pour cris, injures, blasphèmes et menaces — infraction pour laquelle il est déclaré coupable en septembre 2025. Le SPAL confirme également lui avoir remis un constat pour un excès de vitesse à 102 km/h en zone 70, en novembre 2024. À Laval, le Service de police de Laval le sanctionne pour un excès à 89 km/h en zone 50. Selon Noovo Info, son dossier de justice municipale s’étendrait à d’autres villes du grand Montréal, de Deux-Montagnes à Blainville, ainsi qu’à Saguenay et Saint-Hyacinthe.
Une avocate porte plainte, le Parti québécois dépose une motion
La viralité de la vidéo entraîne des conséquences immédiates. Me Vicky Powell, avocate criminaliste, dépose une plainte auprès des autorités après que Bekkali l’a ciblée en direct sur TikTok, lui adressant des propos qu’elle qualifie de menaçants. Invité sur les ondes du 99,5 FM le 31 mars, Bekkali refuse de présenter des excuses et annonce préparer un recours collectif contre le SPVM pour profilage racial, affirmant détenir des vidéos d’interventions qu’il juge problématiques.
L’affaire remonte jusqu’à l’Assemblée nationale. Le Parti québécois y dépose une motion visant à interdire les insultes envers les policiers dans l’exercice de leurs fonctions, rejoignant la demande de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ) d’un cadre législatif provincial uniforme. À Montréal, aucun règlement municipal n’interdit actuellement d’insulter un agent de la paix en service — contrairement à des villes comme Québec, où une telle infraction est passible de contravention.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a indiqué qu’il était « trop tôt » pour se prononcer sur l’adoption d’un règlement. Le SPVM a précisé être en contact avec la Ville « afin d’évaluer la suite appropriée », et a confirmé l’ouverture d’une enquête visant Bekkali.

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