Bientôt une semaine que les Béninois installés au Congo sont sans abris. Le gouvernement du Dr Boni Yayi reste toujours indifférent à leur drame. Selon certaines sources, des proches du président de la République sont plutôt préoccupés par le gain électoral qu’ils peuvent tirer de ce malheur qui frappe ces immigrés.
Ils sont 3500 Béninois au moins à vivre misérablement à Pointe Noire au Congo depuis près d’une semaine. Traités moins que des animaux dans leur pays d’accueil, c’est sans état d’âme que les autorités congolaises ont démoli leurs maisons. Livrés à la nature, ces Béninois errent à Pointe Noire. Ils dorment dans des barques ou à l’air libre. Bien qu’alerté, le gouvernement béninois n’a jusque-là pas daigné manifester officiellement sa préoccupation sur la question. On note un silence assourdissant de la part des différentes voix autorisées. On se demande si ce n’est pas tout simplement du mépris et du dédain que ces autorités nourrissent à l’égard de ces Béninois. Si non comment comprendre qu’avec le drame que vivent ces derniers, le gouvernement du Dr Boni Yayi soit resté sans réaction depuis plusieurs jours. Ce qui est aussi écœurant dans cette situation, c’est que cela fait déjà six mois que le Bénin est informé de ce que le gouvernement congolais voudrait récupérer ses terres. Paroles du Consul. Cependant rien n’a été fait. Au lieu donc de mettre à profit cette situation pour redorer le blason du chef de l’Etat dont l’image est sérieusement érodée auprès des ressortissants de Grand-Popo d’où sont originaires la plupart de ces pêcheurs, c’est plutôt à une indifférence qu’on assiste. Pire, tout porte à croire que certains œuvrent pour que le camp présidentiel puisse en tirer un gain électoral pour les prochaines joutes. Le comble l’immoralité est atteint. Pendant que des compatriotes périssent sous le soleil et la pluie au Congo, il se trouve des frères à eux qui ne pensent qu’à récupérer politiquement leur misère. Pendant que ces Béninois sont à la merci des braqueurs et autres individus sans foi ni loi qui les pillent et les agressent, il se trouve des gens qui croient que c’est du pain béni pour eux. Finalement, on en vient à s’interroger sur la moralité de ces gens-là qui nous dirigent. Vivement qu’ils pensent à sauver leurs frères qui souffrent au Congo.