Amérique Latine : «Gringo go home»!

Oui, «El Gringo». C’était le surnom donné à Georges Bush par le tonitruant président vénézuélien Hugo Chavez pour qualifier sa dégaine à la «cow-boy» et ses actions commandos en Amérique Latine : «Gringo go home»… disait Chavez !

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Aujourd’hui, ce n’est pas le Président Bush qui a «go Home», lui qui a bien terminé ses deux mandats. C’est plutôt Chavez lui-même qui est en train de «go home», en se faisant remarquer de manière éclatante à sa dernière investiture, en brillant par son absence… pour raison médicale bénigne, dit-on dans son entourage. Le Président Chavez serait-il rattrapé par son humour macabre qui serait en train de l’emmener à la mort ? En tentant de répondre à cette question, nous ne manquerons pas de faire le parallèle avec la politique extérieure des Etats-Unis en Amérique Latine, notamment dans la lutte contre la drogue.

Et la maladie ferma la bouche de Chavez…

Chavez le révolutionnaire et sa bouche ! Oui, le Président vénézuélien  en a montré de belles à la grande Amérique dont il fustige les attitudes impérialistes et paternalistes en Amérique Latine, une zone de rayonnement sur laquelle Chavez a des vues depuis son accession à la magistrature suprême à Caracas.

Chavez, en rappelant à ses pairs et voisins d’Amérique Latine qu’ils peuvent régler eux-mêmes leurs propres problèmes, notamment la drogue et les mouvements de guérillas, n’avait d’autre objectif en tête que de chasser les Etats-Unis qui lui font ombrage et de prendre leur succession en qualité de nouveau gendarme de la région.

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Cette initiative aurait pu lui réussir, lui qui peut compter sur les milliards de pétrodollars vénézuéliens. Chavez aurait pu réussir à mieux faire rayonner la révolution vénézuélienne, s’il n’y avait pas sa bouche… La bouche de Chavez et les nombreuses énormités qu’elle sort, à tous vents !

Oui, Chavez n’a pas sa langue dans sa poche. Parfois, cette franchise élémentaire venant d’un chef d’Etat est très appréciée par le bas-peuple, dans les relations interétatiques et diplomatiques, où la langue de bois et le politiquement correct sont de mise.

Mais, au sommet de l’Etat, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Dans le concert des Nations, il vaut mieux ne pas évoquer certaines questions, ni lancer publiquement certaines appréciations et qualifications négatives en direction de partenaires potentiels, souvent incontournables : «Gringo go home»!

Les Etats-Unis, incontournables gardiens… parfois malgré eux!

Que Chavez le veuille ou pas, les Etats-Unis sont un partenaire incontournable pour les Etats d’Amérique Latine, notamment dans la lutte contre les cartels mafieux de la drogue et du crime organisé. Même si ce partenaire est parfois un peu envahissant, il faut bien faire avec, c’est le propre des relations diplomatiques, profiter au mieux des qualités du partenaire en faisant en sorte de minimiser ses défauts.

Chavez, croyait être en mesure de régler seul les problèmes de l’Amérique Latine, sans savoir que les Etats-Unis, crise économique oblige, commençaient même par « en avoir un peu marre » de ce statut de gendarme et de gardien de leurs voisins du sud américain. Il a dit « Gringo go home », et les Etats-Unis n’ont pas manqué de répondre « chiche, qu’il en soit ainsi », en se désengageant sensiblement de la lutte contre les cartels colombiens, en abandonnant les opérations genre «Delta Force».

Et Gringo est vraiment parti!

Finalement, dans un certain sens, le «Gringo» est vraiment parti, car le Président Bush a terminé ses deux mandats et a dû rendre son tablier. Désormais, c’est le Président Obama qui est assis dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche…

Cela ne veut pas dire que la politique américaine très musclée en Amérique Latine soit pour autant abandonnée. L’Amérique est une continuité, et la Maison Blanche parle le même langage, quel que soit son locataire. En effet, pour lutter efficacement contre les parrains de la drogue qui ne reculent devant rien, les Etats-Unis et leurs alliés du Brésil et de l’Argentine (souvent en sous-marin, parfois ouvertement) ont besoin de « montrer leurs muscles » et tout leur arsenal répressif, ne serait-ce que pour décourager un tant soit peu les narcotrafiquants.

Mais, hélas, cela ne suffit plus, et les Américains commencent par s’essouffler dans cette lutte sans fin contre un adversaire insaisissable. Alors, El Gringo est parti ; laissant désormais le champ libre aux Sud-Américains pour régler eux-mêmes leurs problèmes.

Chavez, le gendarme-grabataire!

Voilà que celui qui voulait jouer au gendarme en prenant la place des Etats-Unis est un peu « empêché » et ne répond plus au téléphone lorsque Bogota (capitale colombienne) appelle pour demander de l’aide face aux cartels de la drogue bien implantés sur son territoire.

Une fois encore, c’est la Drug Enforcement Agency (Agence américaine de lutte contre le trafic de la drogue et autres stupéfiants) qui est obligée de venir à la rescousse, pour éviter que des millions de jeunes Américains ne finissent la «poudre au nez» sur la plage de Miami ou dans les casinos de Las Vegas!

Ainsi va la drogue, que El Gringo soit présent ou pas, quel que soit le gendarme, Chavez ou la DEA, la poudre coulera toujours à flots en Amérique, tant qu’il y aura des jeunes «défoncés» prêts à tout pour se procurer la « pure blanche»! Et les cartels trouveront toujours le moyen de satisfaire cette demande pressante (dépendance oblige).

En définitive, ce n’est pas en s’attaquant à la production de la cocaïne que le trafic cessera ; c’est plutôt en s’attaquant à la consommation, c’est-à-dire à la demande. Tel est notre point de vue, assorti d’un conseil à Chavez : «Amigo, si on ne sait pas fermer sa bouche, elle finit par se fermer toute seule… Prompt rétablissement El Commandante»!

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