Bénin : Boni Yayi lance son joker pour les prochaines élections

Malmené par une crise sociale qui gagne en intensité tous les jours et contesté par la classe politique, Boni Yayi sort enfin son « joker » : les microcrédits aux plus pauvres. Près de 70 milliards pour irriguer la gent féminine et la muer en un bétail électoral pour les prochaines élections. Comme en 2011 lors les dernières élections présidentielles et législatives.

1. Le samedi 1er février dernier, le Chef de l‘Etat a lancé la nouvelle génération des microcrédits aux plus pauvres sur l’esplanade du Stade de l’Amitié de Kouhounou. Mais sous le vocable « microcrédits aux plus pauvres » se cache une véritable machine de fascination politique. En vérité, il ne s’agit pas de microcrédits aux plus pauvres. Seules les femmes bénéficient de ces crédits dont on n’a jamais fait le point des remboursements. A chaque reprise, c’est toujours le gouvernement – et quelques bailleurs de fonds – qui injecte à nouveau de l’argent pour relancer le programme. Il s’agit donc de microcrédits aux femmes. Mais ce privilège accordé aux femmes à qui Yayi déclare chaque fois, tel un chorus, « vous êtes belles, je vous aime… » n’est pas fait au pifomètre. Le Chef de l’Etat s’est rendu compte que les femmes constituent un électorat facile. Qu’il suffit de leur jeter quelques miettes pour gagner leur confiance. Bonjour les microcrédits aux femmes. On partage les sous aux femmes et on leur demande en retour de soutenir le Chef de l’Etat. Lors des dernières élections, les microcrédits ont été distribués même à quelques heures du scrutin. Et selon plusieurs témoignages, le vote des femmes a été très déterminant pour Yayi. Mais depuis 2011 où Yayi a rempilé, il n’y a plus eu de crédits. Les femmes ont tout le temps demandé cela. Et c’est maintenant, à quelques mois des prochaines élections communales, que le gouvernement trouve la nécessité de ressortir le projet avec des innovations comme l’assurance vie et l’augmentation du montant des crédits qui passent de 30.000F à 50.000F pour la première étape et à 100.000Fpour la 2è étape. Yayi lançait sa machine de campagne pour les prochaines élections communales à un moment où sa côte de popularité est en chute libre et où il est affaibli par la pression syndicale et politique. Au moment où la classe politique crie son ras- le- bol, Boni Yayi continue sa propagande auprès des populations faciles et peu informées comme les femmes. Alors que l’opposition passe son temps à critiquer, Yayi marque des points et avec les femmes et s’assure de rattraper son retard en terme de popularité.

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