Sur la multitude de probables candidats qui s’annoncent pour la présidentielle de 2016, cinq pourraient sortir la tête du lot. Sous réserves d’éventuels changements de donne sur l’échiquier politique, on peut affirmer que la bataille du premier tour se fera entre Eric Houndeté Léhady Soglo, Pascal Irenée Koupaki, Abdoulaye Bio Tchané et le général Robert Gbian.
Ils sont nombreux. Très nombreux les probables candidats à l’élection présidentielle de 2016. Professeurs d’université, députés, anciens et actuels ministres, fonctionnaires internationaux, généraux à la retraite ; femmes et hommes de profils divers à lorgner le fauteuil présidentiel. Et ce, aussi bien dans le camp de la mouvance au pouvoir, l’opposition, que des « électrons libres » ou ouvriers de la 25ème heure. On peut citer entre autres Célestine Zanou, Abdoulaye Bio Tchané, Pascal Irenée Koupaki, Léhady Soglo, Joseph Djogbénou, Victor Topanou, Eric Houndeté, Emmanuel Golou, Lionel Agbo, Angelo Houssou, Janvier Yahouédéou, Moudjaidou Soumanou et les généraux Fernand Amoussou et Robert Gbian. Du côté du pouvoir en place, François Abiola, Komi Koutché, Nassirou Arifari Bako et Barthélémy Kassa seraient sur la liste des potentiels dauphins de Boni Yayi. Tous comptes faits, à l’allure où vont les choses, on pourrait avoir une quinzaine de prétendants au seul fauteuil présidentiel de la Marina. Ces probables candidats affichent chacun à sa manière ses ambitions. Certains ont déjà annoncé leur candidature. Les autres ne l’ont pas encore fait mais agissent comme si …. A un an de l’élection, sur le terrain, aucun de ces présidentiables n’a encore véritablement pris une large avance sur les autres. Cependant, certains sortent la tête du lot. Ce sont Eric Houndeté, Lehady Soglo, Pascal Irenée Koupaki, Abdoulaye Bio Tchané et Robert Gbian. Ce tri, sans doute subjectif, est fait au regard de l’activisme des cinq personnalités sur le terrain, leur présence dans les médias, le paysage politique actuel et les enjeux du scrutin présidentiel à venir.
Tchané-Gbian : le duel du septentrion
La présidentielle de 2016 sera sans doute caractérisée par une bataille régionale, au premier comme au second tour. Au premier tour, les différents candidats essaieront de ratisser large dans leurs régions respectives, glaner le maximum de voix dans d’autres régions pour pouvoir se retrouver au second tour. Pour le second tour, pour le moment, tout porte à croire qu’on aura en tête d’affiche un candidat ressortissant du sud et un autre du nord. Le centre qui n’a jusque-là pas encore un candidat qui sorte la tête du lot sera donc appelé à les départager. Cette donne est susceptible de changement ,étant donné que les jeux ne sont pas totalement faits . La scène politique béninoise n’a pas encore livré tous ses secrets et il pourrait y avoir plusieurs bouleversements avec les législatives à venir.
Sous réserve d’éventuelles redistributions de cartes sur l’échiquier politique, on peut déjà projeter un duel entre Abdoulaye Bio Tchané et le général Robert Gbian au premier tour. Les deux sont actifs, chacun dans son style. Candidat malheureux en 2011, Bio Tchané, économiste de renommée internationale, s’est jusque-là illustré avec les conférences de son alliance sur les grands défis à relever pour mettre le Bénin sur les rails du développement. Une stratégie opposée à cette du général à la retraite, Robert Gbian, qui lui a apparemment opté pour le contact direct avec les populations à la base. Bio Tchané a tout de même l’avantage d’avoir participé déjà en 2011 à la course pour la magistrature suprême.
La « génération 60 » contre la nouvelle conscience
Au sud, on aura probablement la bataille entre la génération post-indépendance et l’ancien premier ministre Pascal Irénée Koupaki. Le député de l’Union fait la Nation Eric Houndeté et le premier adjoint au maire de Cotonou sont tous deux nés après l’accession à l’Indépendence du Bénin. Ils sont respectivement âge de 53 et 54 ans, contrairement donc à Koupaki qui en a 64 (1951). Koupaki prône la «nouvelle conscience». Il est aussi très présent sur le terrain avec les séances de sensibilisation sur son concept, la participation à des activités culturelles et le parrainage d’événements d’envergure. Léhady Soglo s’est véritablement lancé dans la danse il y a quelques mois. Longtemps resté dans le giron de «papa» et «maman», 2016 sera pour lui l’occasion de montrer sa force de frappe. Il peut, pour ce faire, compter sur la Renaissance du Bénin qui demeure l’un des plus grands partis politique du Bénin. Lequel parti peut encore compter sur ses électeurs dans ses fiefs du département du zou et de l’Atlantique-Littoral.
Croyons en nous
De tous les candidats mentionnés, en dehors du général Robert Gbian, le député Eric Houndété est celui qui marque les esprits avec son activisme sur le terrain, notamment aux côtés des jeunes, et sa présence dans les médias (presse écrite et réseaux sociaux). Avant même la présidentielle, il devra convaincre les militants et cadre de l’Union fait la Nation, plus grande alliance politique de l’opposition, de faire de lui leur candidat unique en 2016. Le chemin s’annonce donc plus long pour lui. Et il semble ménager sa monture en conséquence. Président du groupe parlementaire Union fait la Nation, en plus de son activisme à l’Assemblée Nationale, il a le mérite d’aller fréquemment au contact des populations, et de parrainer les activités des jeunes du pays profond. Il a affiné son image sur internet. Sur la photo de couverture de son comte Twitter officiel, on peut lire Croyons en nous, ayons foi en l’avenir. Il pourra compter sur le réseau de l’Union fait la Nation, s’il venait à être désigné comme le candidat unique de l’alliance. En plus, Ce qu’on désigne déjà dans l’opinion comme le candidat des jeunes a l’avantage d’avoir une carrière politique traçable. Et contrairement à la majorité des autres potentiels candidats, il n’a jamais été aux affaires dans l’Exécutif. A priori, il ne traîne pas de casserole comme certains de ses adversaires potentiels .