Le Bénin n’atteindra pas un seul objectif de l’AMS d’ici 2025

Pour sa vulgarisation, une table ronde s’est tenue, hier à Bénin royal hôtel à Cotonou, sur le rapport 2014 sur la nutrition mondiale. Occasion pour les experts des pays francophones de l’Afrique de l’ouest de réfléchir sur les actions concrètes à mener

Après les Etats-Unis, l’Inde, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Ethiopie et la Zambie, le Bénin a accueilli, hier, la table ronde sur 2014 sur la nutrition mondiale afin de procéder à sa vulgarisation. Un rapport qui présente de façon générale les progrès réalisés à l’échelle mondiale par les 193 Etats membres des Nations- Unies en vue d’améliorer leur état nutritionnel. «Il identifie les obstacles au changement, met en lumière les possibilités d’intervention et contribue à renforcer la recevabilité en matière de nutrition à l’échelle nationale et mondiale», explique à la cérémonie d’ouverture Marcel de Souza, ministre du Plan. Pour le ministre qui avait à ses côtés son homologue de l’Evaluation des politiques publiques Antonin Dossou, l’élaboration annuelle du rapport par des experts mondiaux constitue un baromètre appréciable pour nos pays afin de renforcer nos actions dans le sens de l’amélioration de l’état nutritionnel des enfants et des populations. Il a remercié les partenaires techniques et financiers (Ptf) comme  le Fonds mondial pour l’alimentation (Fao) et l’Ifpri

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Constat accablant au Bénin

C’est Mohamed Agbendech, expert de la Fao qui a participé à l’élaboration du rapport qui l’a présenté aux participants à cette table ronde. Il a relevé que les principaux messages que véhicule le rapport sont au nombre de six. Entre autres, ce rapport indique que la nutrition est le fondement pour atteindre les Objectifs pour le développement durable (Odd). Du fait, l’Assemblée mondiale de la santé (Ams) a fixé six objectifs à atteindre par les pays membres d’ici 2025. Selon Anne Vincent, représentante de l’Unicef et porte- parole des Ptf et chef de file de l’initiative Sun (Scaling up nutrition), sur 99 pays, seul un est en bonne voie d’atteindre quatre objectifs, trois autres atteindront deux et 71 pays stagneraient entre zéro et un objectif. Le Bénin fait partie des pays qui n’atteindront aucun objectif. Au Bénin comme dans 20 autres pays on compte 2025 millions de personnes qui ne bénéficient pas de supplémentation en fer et acide folique. Le Bénin fait partie des 17 pays où on compte 468 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrants de retard de croissance, émaciation et surcharge pondérale.

Investissement retable

Pourtant, citant le directeur de l’Unicef, Anne estime que «la nutrition est l’un des investissement les plus rentables pour les enfants». Selon Jean Tossa, président du Conseil national de l’alimentation et de la nutrition (Can), quand on investit un dollar dans la nutrition, on a un retour sur investissement de 16 dollars. Alors il faudra augmenter les investissements visant à améliorer les facteurs sous-jacents de la nutrition et élargir la couverture des programmes spécifiques à la nutrition à un plus grand nombre de personne dans le besoin. Il faut aussi investir dans la production des données fiables et instaurer une culture de recevabilité et contraindre les gouvernements et les bailleurs de fonds à rendre compte de leurs engagements. 

L’état nutritionnel des enfants africains n’est pas reluisant. C’est pourquoi il urge de vulgariser ce rapport afin de toucher tous les acteurs concernés pour que chacun puisse jouer se partition dans l’optique de garantir des vies saines aux populations. 

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