Atao Hinnouho : Retour sur 10 jours d’exercice du déni de l’indépendance de la justice

Atao Hinnouho : Retour sur 10 jours d’exercice du déni de l’indépendance de la justice

C’est ce jour 8 mai 2018 que doit se tenir au tribunal de première instance de première classe de Cotonou, le progrès dit du flagrant délit contre le député AtaoHinnouho. Le mis en cause serait inculpé pour fraude fiscale à la douane.

Affaire Atao Hinnouho : Le gouvernement se substitue au pouvoir judiciaire

Un grief de dernière minute qui lui a été trouvé pour constituer un flagrant délit permettant de le placer sous mandat de dépôt. Pour permettre à nos lecteurs et visiteurs sur la toile de comprendre ce procès en sorcellerie, nous proposons de revenir sur les 10 jours durant lesquels, les bourreaux du député s’ingéniaient à fabriquer un motif devant éviter que le parlementaire ne soit libre de ses mouvements comme l’a indiqué la décision du juge des libertés et de la détention.

Convaincu de n’avoir rien à se reprocher et surtout engagé à servir à l’opinion sa version des faits sur l’affaire dite de faux médicaments, le député Atao Hinnouho a décidé de se présenter de lui-même devant le juge d’instruction le vendredi 27 avril 2018 en compagnie d’un de ses avocats, Me Alfred Bocovo. C’est lorsqu’il est aperçu au tribunal que les sbires du pouvoir alertent les autorités. Il s’ensuit la descente des éléments de la police, certains en civil et d’autres en uniforme. Ce sont ces éléments de la police qui selon Me Bocovo, ont agressé le député et lui-même lorsqu’ils sortaient du bureau du juge d’instruction pour se rendre dans le bureau du juge des libertés et de la détention.

Des déclarations ont été faites pour démentir cette agression, sauf que par la suite, c’est l’avocat Me Alfred Bocovo lui-même qui s’est retrouvé interné à l’hôpital. Ce 27 avril au soir, le juge des libertés et de la détention rend son verdict après l’audition de l’He député. En substance, ce juge trouvait que sur les huit chefs d’accusation présentés par le parquet, aucun ne correspond au flagrant délit qui entraîne la poursuite immédiate du député. Il fait observer par ailleurs que le parquet n’a pas non plus présenté l’autorisation de l’Assemblée nationale ou de son bureau encore d’une décision de condamnation définitive du mis en cause.

En l’état, concluait le juge dans sa décision, le député ne pouvait pas être placé sous mandat de dépôt. Le député qui a été agressé selon son avocat est conduit par une ambulance du Samu au Cnhu. Mais à la surprise des reporters de votre journal qui se trouvaient sur les lieux, deux voitures de la police ont pris en chasse cette voiture du Samu. Sans aucune explication, la à envahir ies abords des l’hôpital du vendredi 27 avril jusqu’au jeudi 3 mai 2018 où le procureur a informé le député qu’il était désormais placé sous mandat de dépôt à la prison civile de Cotonou. Ce qui suppose qu’il est désormais à la charge du régisseur de ladite prison. Mais avant, le procureur avait eu le temps de faire une sortie médiatique au cours de laquelle il a présenté le rapport du chef service des urgences du Cnhu qui a reçu le député depuis le 27 avril 2018.

Par décence, il est préférable de ne pas reprendre le contenu de ses propos sur l’état de santé supposé du député qui est servi sur la place publique. Si ce n’est pas pour cause d’acharnement politique, qui peut expliquer pourquoi le parquet qui a présenté au juge des libertés et de la détention, huit chefs d’accusation, est encore allé trouver une nouvelle charge de flagrance pour inculper le mis en cause. Il en ressort clairement que les bourreaux du député Atao se sont donné pour mission d’avoir sa peau et de lui faire regretter sa réapparition publique. Lui que des mauvaises langues avaient présenté comme fuyard, était déjà comptabilisé parmi les ennemis politiques qu’on a contraint à l’exil comme l’autre.

Sa réapparition sonnait donc comme un affront. Et ca, il fallait le lui faire regretter, car le laisser libre de ses mouvements pourrait donner à réfléchir à d’autres exilés politiques de penser revenir au pays lors des compétitions électorales. Ainsi se termine dans le tourment le courage d’un élu de la nation, qui faisant confiance à la justice de son pays, a pensé que l’accusation n’étant pas la condamnation, il pouvait se présenter devant la justice et s’expliquer. Malheureusement, il lui a manqué de réaliser qu’entre-temps le gouvernement a décidé d’inféoder le pouvoir judiciaire en refusant de reconnaître les décisions de justice qui ne sont pas à sa faveur.

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