La Chine a su imposer sa marque dans la compétition économique mondiale en s’appuyant sur une stratégie industrielle structurée et une politique d’investissement soutenue. Exploitant avec minutie ses ressources naturelles, renforçant son savoir-faire technologique et consolidant ses positions stratégiques sur divers marchés, elle façonne progressivement les contours d’un monde où son influence devient incontournable. Cette montée en puissance ne se limite pas aux domaines traditionnels de la manufacture et de l’exportation : elle s’étend désormais aux secteurs de pointe, comme celui des semi-conducteurs, où elle dispose d’un levier déterminant.
Un enjeu stratégique au cœur des tensions
Dans cette course technologique, un élément chimique peu connu du grand public cristallise aujourd’hui les tensions : le gallium. Ce métal stratégique, indispensable à la fabrication des semi-conducteurs et de certaines batteries avancées, est contrôlé à près de 98,8 % par la Chine. Une position dominante qui inquiète particulièrement le Japon, premier consommateur mondial de cette ressource.
Face aux récentes restrictions imposées par Pékin sur les exportations de gallium, les entreprises japonaises se retrouvent dans une situation délicate. Depuis août 2023, elles ont observé une chute drastique de leurs importations en provenance de Chine, atteignant près de 85 %. Cette raréfaction des approvisionnements pourrait avoir des conséquences majeures sur plusieurs chaînes de production, notamment dans les secteurs des véhicules électriques et de l’électronique de pointe.
L’influence chinoise sur les chaînes d’approvisionnement
Au-delà des restrictions commerciales, Tokyo redoute une exigence croissante de Pékin en matière de transparence. Les entreprises japonaises exportant des produits contenant du gallium vers les États-Unis pourraient bientôt être contraintes de fournir des rapports détaillés sur leurs transactions. Un contrôle accru qui pourrait déboucher sur un durcissement supplémentaire des mesures chinoises et accentuer encore la crise d’approvisionnement.
Les effets de cette situation se font déjà sentir au niveau international. Des acteurs majeurs, comme Tesla ou Broadcom, qui dépendent du gallium pour la fabrication de leurs composants, s’inquiètent des répercussions sur leur production. La dépendance à cette ressource stratégique rappelle l’importance des enjeux géopolitiques qui sous-tendent la guerre économique entre la Chine et les États-Unis.
Un bras de fer économique à l’échelle mondiale
Cette bataille commerciale ne s’est pas enclenchée par hasard. En décembre dernier, l’administration américaine a inscrit 140 nouvelles entreprises chinoises sur sa liste noire, limitant drastiquement leurs interactions avec les sociétés occidentales du secteur technologique. Cette décision, destinée à freiner l’avancée de Pékin dans les semi-conducteurs, a immédiatement entraîné une riposte chinoise sous forme de restrictions sur l’exportation de certains minéraux critiques, dont le gallium.
L’onde de choc de cette confrontation s’étend bien au-delà des frontières sino-américaines. Les entreprises japonaises, européennes et sud-coréennes, qui dépendent aussi de ces matériaux, doivent désormais repenser leur stratégie d’approvisionnement et explorer des alternatives pour réduire leur dépendance à la Chine. Entre diversification des sources d’importation et investissements dans des technologies de substitution, les options restent limitées à court terme.
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