Rivalités au Maghreb: l’UE adopte une fuite en avant

Parlement européen (Photo DR)

Le conflit historique autour du Sahara occidental continue de peser sur les relations entre le Maroc et certains pays européens. Territoire disputé depuis le retrait espagnol en 1975, cette ancienne colonie est revendiquée à la fois par le Maroc, qui en contrôle environ 80%, et par le Front Polisario, qui milite pour l’indépendance de la région. L’Algérie soutient activement le Polisario, créant ainsi un axe d’opposition face au Royaume chérifien. Cette situation a généré de multiples tensions diplomatiques, notamment avec l’Espagne, dont la position fluctuante sur le dossier saharien a provoqué plusieurs crises bilatérales avec Rabat. Ce contexte compliqué place l’Union européenne dans une position délicate, tiraillée entre ses intérêts économiques et sécuritaires avec le Maroc et ses principes affichés concernant les droits humains.

Silence européen face aux restrictions médiatiques

La Commission européenne refuse de prendre position sur les récentes mesures d’éloignement prises par les autorités marocaines contre des reporters espagnols au Sahara occidental. Depuis janvier, trois journalistes ibériques ont été empêchés d’exercer leur métier dans cette zone sensible, la dernière interdiction datant du 29 mars à Laayoune.

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Interpellée par une question écrite de l’eurodéputée Ana Miranda, Kaja Kallas, haute représentante pour les Affaires étrangères de l’UE, a soigneusement évité toute critique directe. Sa réponse contourne la question spécifique des expulsions pour se limiter à des déclarations générales sur l’importance de la liberté de presse.

« Le renforcement de la liberté des médias et la garantie de la sécurité des journalistes demeurent des priorités essentielles pour l’action extérieure de l’UE », a déclaré la responsable estonienne, sans jamais mentionner explicitement les incidents concernant les reporters espagnols. Cette prudence diplomatique déçoit considérablement le Front Polisario et ses soutiens au Parlement européen.

Pragmatisme politique au détriment des principes?

L’attitude de Bruxelles illustre la complexité de sa relation avec Rabat. Tout en rappelant que « le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux est un élément central de l’Accord d’association UE-Maroc », Kallas se contente d’évoquer des « échanges réguliers avec les autorités marocaines » sur ces questions, sans préciser la nature de ces discussions.

Cette position ambiguë traduit les enjeux stratégiques qui caractérisent les rapports euro-marocains. D’un côté, l’Union affirme défendre « l’universalité des droits humains » et la liberté d’expression. De l’autre, elle évite soigneusement de froisser un partenaire considéré comme crucial sur plusieurs dossiers prioritaires, notamment la gestion migratoire, la lutte antiterroriste et les accords commerciaux.

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Cette ambivalence alimente les critiques des défenseurs des droits humains qui reprochent à l’UE de subordonner ses valeurs fondatrices à ses intérêts immédiats. La situation des journalistes au Sahara occidental devient ainsi révélatrice d’un dilemme plus profond: comment maintenir une relation privilégiée avec le Maroc sans compromettre les principes que l’Europe prétend incarner sur la scène internationale?

Une réponse

  1. Avatar de Dekkal
    Dekkal

    L’europe veut et c’est de bonne guerre le beurre et l’argent du beurre. Elle aurait pu installer à layoune son parlement, sa cej,pour consolider ses relations avec le maroc et profiter des richesses de son sahara comme l’ont fait avant les espagnols.

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