L’année 2025 marque un tournant dans l’application de la peine capitale, avec des chiffres record enregistrés tant aux États-Unis qu’en Arabie Saoudite. Alors que Riyad poursuit la lutte contre la drogue entamée en 2023, Washington connaît une hausse soudaine du nombre d’exécutions, soulignant une évolution inédite dans les pratiques judiciaires de ces deux alliés stratégiques.
Montée des exécutions aux États-Unis et évolution de l’opinion publique
Aux États-Unis, 46 personnes ont déjà été exécutées en 2025, un chiffre qui représente le double de la moyenne annuelle des années précédentes, avec deux exécutions supplémentaires prévues avant la fin de l’année. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis 2010. Cette hausse survient alors que le soutien public à la peine de mort continue de diminuer, selon le Death Penalty Information Center, montrant un décalage entre l’évolution légale et l’opinion des citoyens.
Recrudescence des exécutions en Arabie Saoudite sous l’effet de la guerre contre la drogue
L’Arabie Saoudite a exécuté 340 personnes en 2025, dépassant ainsi le précédent record de 338 en 2024 d’après un comptage publié par l’AFP ce lundi. Cette hausse s’explique selon les autorités par les arrestations liées à la lutte contre le trafic de drogue lancée par le royaume, avec de nombreux condamnés dont les peines n’ont été appliquées que récemment après de longues procédures judiciaires. Le fait que ce record soit battu pour la deuxième année consécutive montre une intensification des mesures répressives mises en place depuis les années 1990, période à partir de laquelle les associations de défense des droits humains ont commencé à suivre de près le nombre d’exécutions.
Alliance stratégique entre Washington et Riyad et implications régionales
Ces développements surviennent alors que les États-Unis et l’Arabie Saoudite renforcent leur coopération stratégique. Le royaume, désigné comme allié majeur hors OTAN, bénéficie de livraisons d’avions de combat F-15, de systèmes de défense antimissile et de technologies de surveillance américaines, tandis que des projets économiques communs comme la ville futuriste NEOM et des programmes de formation militaire conjointe montrent un partenariat étroit.
La juxtaposition des chiffres record d’exécutions montre que, malgré leur alliance politique et économique, les trajectoires légales des deux pays restent influencées par leurs priorités internes et leurs politiques nationales, qu’il s’agisse de répression de la criminalité en Arabie Saoudite ou de pressions internes sur l’application de la peine capitale aux États-Unis.



