Les armées de nombreux pays africains poursuivent des programmes ambitieux de modernisation pour faire face aux multiples défis sécuritaires du continent : la menace terroriste dans le Sahel, les conflits armés dans l’Est africain, les tensions frontalières ou encore la criminalité organisée. Ces efforts se traduisent par le renforcement des compétences du personnel militaire, la mise à jour des équipements et la coopération avec des partenaires internationaux, afin de rendre les forces plus réactives et efficaces dans la protection des territoires et le maintien de la stabilité. Ces évolutions expliquent en partie la position de certains États dans le récent classement des puissances militaires africaines publié par Global Firepower pour 2026.
Afrique du Nord en tête des puissances militaires
Selon l’édition 2026 du Global Firepower Index, un classement américain qui évalue la force militaire de 145 pays selon plus de 60 indicateurs (personnel, matériel, moyens logistiques, ressources financières, etc.), l’Égypte conserve sa place de première puissance militaire du continent, se positionnant au 19ᵉ rang mondial avec un Power Index (PI) de 0,3651. Cette place s’explique notamment par un effectif important, une capacité aérienne et terrestre significative ainsi qu’une marine opérationnelle notable.
Juste derrière, l’Algérie se situe au 27ᵉ rang mondial avec un PI de 0,4849, confirmant l’importance de la région du Maghreb dans le paysage militaire africain. Cette position reflète des dépenses militaires élevées et des efforts de modernisation continue des forces armées.
Plus bas mais toujours dans le haut du classement, le Maroc figure parmi les principales armées africaines, avec une 6ᵉ place continentale et un PI de 1,0368, montrant des progrès dans l’acquisition de capacités terrestres et aériennes malgré des défis économiques partagés avec ses voisins maghrébins.
Diversité géographique et défis régionaux
Au 3ᵉ rang africain, le Nigeria est reconnu pour sa capacité militaire, issue de ressources humaines importantes et d’efforts pour renforcer ses moyens face à des menaces internes telles que Boko Haram et d’autres groupes armés, avec un PI de 0,6097. L’Afrique du Sud arrive en 4ᵉ position avec un PI de 0,6843, malgré des contraintes budgétaires qui limitent parfois l’expansion de certaines capacités.
D’autres nations complètent le top 10 continental : l’Éthiopie (5ᵉ, PI : 0,8525), l’Angola (7ᵉ, PI : 1,1045), la RD Congo (8ᵉ, PI : 1,3051), le Soudan (9ᵉ, PI : 1,3563) et la Tunisie (10ᵉ, PI : 1,7823). Ces pays reflètent une variété de situations stratégiques et sécuritaires : l’Éthiopie s’efforce de stabiliser ses zones frontalières et internes, la RD Congo affronte des insurrections armées dans l’Est, tandis que le Soudan reste marqué par des tensions persistantes.
Les classements suivants montrent d’autres États dont la puissance militaire continue d’évoluer : la Libye (11ᵉ, PI : 1,7872), le Kenya (12ᵉ, PI : 1,8588), le Tchad (13ᵉ, PI : 1,8594) et la Tanzanie (14ᵉ, PI : 1,9111), chacun faisant face à leurs propres défis sécuritaires, qu’il s’agisse de mouvements armés, de maintien de l’ordre intérieur ou d’adaptation des forces.
En milieu de tableau, des pays comme le Mozambique (15ᵉ, PI : 1,9769), le Cameroun (16ᵉ, PI : 2,1689), le Mali (17ᵉ, PI : 2,2598), le Zimbabwe (18ᵉ, PI : 2,2801), l’Ouganda (19ᵉ, PI : 2,3252) et la Côte d’Ivoire (20ᵉ, PI : 2,3884) apparaissent également, marquant l’intérêt croissant pour le renforcement de leurs armées malgré des ressources souvent plus limitées que celles des leaders du classement.
Top 20 des puissances militaires africaines en 2026 avec leur indice de puissance selon le Global Firepower Index
- Égypte : 0,3651
- Algérie : 0,4849
- Nigeria : 0,6097
- Afrique du Sud : 0,6843
- Éthiopie : 0,8525
- Maroc : 1,0368
- Angola : 1,1045
- RD Congo : 1,3051
- Soudan : 1,3563
- Tunisie : 1,7823
- Libye : 1,7872
- Kenya : 1,8588
- Tchad : 1,8594
- Tanzanie : 1,9111
- Mozambique : 1,9769
- Cameroun : 2,1689
- Mali : 2,2598
- Zimbabwe : 2,2801
- Ouganda : 2,3252
- Côte d’Ivoire : 2,3884



