Après le Venezuela, Trump menace Cuba qui réagit

Le bras de fer entre Washington et La Havane vient d’atteindre un nouveau palier de tension. Une semaine après l’opération militaire américaine qui a conduit à la capture de Nicolás Maduro au Venezuela, Donald Trump multiplie les menaces directes contre Cuba, tandis que le gouvernement cubain rejette avec véhémence toute ingérence dans ses affaires intérieures.

L’arrestation du président vénézuélien le 3 janvier dernier par les forces spéciales américaines a d’abord frappé Cuba sur le plan humain : trente-deux militaires et agents de sécurité cubains ont péri en défendant Maduro lors du raid sur Caracas. Au-delà de ce drame, la disparition du régime allié de Caracas menace directement l’économie cubaine. Le Venezuela fournissait à l’île environ 35 000 barils de pétrole quotidiens à prix réduit, une bouée de sauvetage vitale pour un pays déjà plongé dans une crise énergétique sévère marquée par des coupures d’électricité quotidiennes.

Trump exige un accord et provoque La Havane avec Rubio

Le président américain a intensifié la pression ce dimanche 11 janvier en publiant sur Truth Social un ultimatum sans équivoque. Il exhorte les autorités cubaines à négocier rapidement, avant que les robinets du pétrole et de l’argent vénézuéliens ne se tarissent définitivement. Trump ne laisse planer aucun doute sur ses intentions : plus aucune livraison d’hydrocarbures ni aucun financement en provenance du Venezuela ne transitera vers Cuba.

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L’offensive verbale du locataire de la Maison-Blanche ne s’est pas arrêtée là. Dans une provocation calculée, il a partagé un commentaire affirmant que Marco Rubio, son secrétaire d’État d’origine cubaine et farouche opposant au régime communiste de l’île, deviendrait « président de Cuba ». Trump a ajouté sa propre approbation à cette perspective : « Cela me paraît très bien ! ». Le chef d’État américain justifie son intransigeance en soulignant que Cuba a longtemps profité des ressources vénézuéliennes en échange de services de sécurité et de renseignement fournis aux dirigeants successifs de Caracas. Selon lui, cette relation parasitaire doit prendre fin.

La Havane dénonce un criminel hégémonique incontrôlable

La riposte cubaine n’a pas tardé. Miguel Díaz-Canel, président de Cuba, a réaffirmé sur le réseau social X la souveraineté absolue de son pays. Il a martelé que Cuba demeure « une nation libre et indépendante » où personne ne peut dicter sa conduite. Le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez a adopté un ton encore plus virulent en accusant les États-Unis de se comporter comme « un criminel hégémonique et incontrôlable ». Selon le diplomate cubain, Washington menace la paix et la sécurité non seulement dans l’hémisphère occidental, mais à l’échelle planétaire. Il a également insisté sur le fait que « le droit et la justice » demeurent du côté de Cuba.

Cette escalade verbale survient alors que l’économie cubaine traverse déjà une période particulièrement difficile. Privée du soutien vénézuélien qui lui permettait de compenser une partie de ses besoins énergétiques, l’île pourrait voir sa situation se détériorer rapidement. L’administration Trump semble parier sur un effondrement du régime cubain sous le poids des difficultés économiques, espérant qu’un changement politique majeur s’opérera à La Havane. Reste à savoir si le gouvernement communiste, qui a survécu à plus de six décennies d’embargo américain, acceptera de négocier ou s’il choisira plutôt de résister à cette nouvelle vague de pressions.

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