Armement : la France tient son super drone suicide

La France, à l’instar d’autres puissances militaires, renforce depuis plusieurs années ses investissements dans le secteur de la défense afin d’améliorer ses capacités opérationnelles et de consolider son industrie stratégique. Cette orientation se traduit par des programmes ciblés, destinés à doter les forces armées de systèmes adaptés aux formes actuelles de conflictualité, marquées par l’usage croissant des drones et des armes à distance.

Drone suicide à longue portée, nouveau pilier de l’arsenal français

La Direction générale de l’armement a officialisé une commande inédite de munitions téléopérées à longue portée auprès du groupe français MBDA et de la société Aviation Design précise le GIFAS. Ce nouvel équipement, souvent qualifié de « drone-missile », est conçu pour parcourir plus de 500 kilomètres avant de frapper sa cible, avec pour objectif de saturer des systèmes de défense adverses situés en profondeur.

Pensé pour une utilisation opérationnelle simple et répétable, l’appareil combine une structure légère, une propulsion par mini-turboréacteur et une charge militaire estimée à plusieurs dizaines de kilogrammes. Sa vitesse de croisière avoisine les 400 kilomètres par heure, ce qui lui permet de rejoindre rapidement une zone d’engagement tout en conservant une capacité de guidage jusqu’à l’impact.

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Les premières livraisons de ces munitions téléopérées sont attendues à partir de la mi-2027. Il s’agit d’une première pour les forces françaises dans cette catégorie d’armement, qui vient élargir la palette des moyens disponibles sans se substituer aux missiles de précision déjà en service.

Le drone One Way Effector

Le système commandé par la DGA correspond au concept baptisé « One Way Effector », développé par MBDA avec le concours d’Aviation Design. L’un des objectifs affichés repose sur une capacité de production en série, en s’appuyant sur des procédés industriels simplifiés et sur des partenariats issus de secteurs civils. Cette approche vise à garantir des volumes suffisants tout en maîtrisant les coûts.

Les autorités n’ont pas communiqué le nombre exact d’unités commandées ni le montant du contrat. Néanmoins, les industriels impliqués ont déjà indiqué que les lignes de production pourraient, à terme, atteindre des cadences élevées si les besoins opérationnels l’exigeaient.

Ce type de munition téléopérée est destiné à des missions spécifiques, notamment lorsque l’effet recherché repose sur la multiplication des vecteurs afin de contraindre ou neutraliser des dispositifs de défense. Il offre ainsi une solution complémentaire aux armements classiques, en privilégiant la masse et la portée plutôt que la seule précision individuelle.

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