Depuis septembre 2022, le Burkina Faso est dirigé par les autorités de la transition militaire issues du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration, avec à sa tête le capitaine Ibrahim Traoré. La période de transition, prolongée par une charte révisée, repose sur un exécutif fortement recentré autour de priorités sécuritaires, institutionnelles et sociales. Sous la direction du capitaine Ibrahim Traoré, le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo a procédé à un nouveau réaménagement de son équipe, marquant une étape supplémentaire dans la structuration de l’action gouvernementale.
Le gouvernement burkinabè a ainsi été remanié lundi 12 décembre 2026, avec l’entrée de nouvelles figures et une redéfinition de plusieurs portefeuilles ministériels. L’architecture de l’exécutif évolue autant par les personnes que par les intitulés, traduisant une volonté affichée de redonner une identité politique plus affirmée à certains départements.
Réorganisation du pouvoir exécutif burkinabè
Plusieurs ministères changent d’appellation sans modification de leurs titulaires. Le département de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale devient le ministère de la Famille et de la Solidarité, toujours conduit par Pélagie Kaboré. Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique est désormais désigné simplement comme ministère de la Santé, sous la responsabilité de Lucien Jean-Claude Kargougou. Même logique pour la Justice : le portefeuille de la Justice et des Droits humains est ramené à ministère de la Justice, dirigé par Edasso Rodrigue Bayala.
D’autres changements sont plus marqués. Le ministère de l’Urbanisation et de l’Habitat est rebaptisé ministère de la Construction de la patrie, une dénomination conservant Mikaïlou Sidibé à sa tête. À l’inverse, les ministères chargés des Infrastructures et de l’Environnement disparaissent de l’organigramme gouvernemental, leurs attributions étant appelées à être redistribuées.
Le département de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale adopte une nouvelle identité en devenant le ministère des Serviteurs du peuple. Mathias Traoré, déjà en poste, conserve la direction de ce portefeuille au libellé fortement symbolique.
Gouvernement Jean Emmanuel Ouédraogo II et nouveaux équilibres ministériels
Le remaniement se traduit aussi par l’arrivée de nouveaux responsables. Moumouni Zoungrana fait son entrée au gouvernement en prenant la tête du ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique. Annick Pickbougoum Zingué est nommée ministre des Sports et des Loisirs, succédant à Roland Somda.
Le portefeuille en charge de la défense a lui aussi été renommé. L’ancien ministère de la Défense et des Anciens combattants porte désormais l’appellation de ministère de la Guerre et de la Défense patriotique. Le général Célestin Simporé y est maintenu et continue d’exercer ses fonctions avec le rang de ministre d’État.
Avec ce remaniement, l’équipe dirigée par Jean Emmanuel Ouédraogo se compose à présent de 22 membres, parmi lesquels figurent cinq femmes et trois ministres délégués. L’ensemble traduit un choix de stabilité à certains postes clés, accompagné de réajustements ciblés, et clarifie les priorités opérationnelles de l’exécutif burkinabè à travers une nouvelle structuration des départements ministériels.



