L’année 2025 s’inscrit comme une période particulièrement dense dans l’histoire récente du Bénin. Entre décisions judiciaires majeures, performances économiques saluées par les partenaires internationaux, évolutions institutionnelles et résultats sportifs notables, l’actualité nationale a été rythmée par plusieurs événements structurants. Retour sur quelques faits marquants qui ont façonné la vie du pays au cours des douze derniers mois.
Janvier : Condamnation d’Olivier Boko, Oswald Homeky et Rock Nieri pour complot
L’année débute avec le procès de Olivier Boko et Oswald Homeky. Arrêtés fin septembre 2024 et accusés de tentative de coup d’État, ces deux figures proches du pouvoir ont comparu devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) du 21 au 30 janvier.
L’homme d’affaires influent, longtemps considéré comme un fidèle des fidèles du président Patrice Talon, et l’ancien ministre des Sports sont accusés d’avoir voulu corrompre le commandant de la Garde républicaine, Djimon Dieudonné Tévoédjrè, avec 1,5 milliard de FCFA pour perpétrer un putsch le 27 septembre 2024. Le procès s’est déroulé sans avocat après le retrait de la défense contestant la composition du tribunal.
Le 30 janvier, le verdict tombe : 20 ans de réclusion criminelle pour complot contre l’autorité de l’État et corruption d’agent public. Les condamnés doivent également verser 60 milliards de FCFA de dommages et intérêts à l’État béninois, conjointement avec Rock Nieri, beau-frère de Boko en fuite. Olivier Boko a clamé son innocence lors du procès, déclarant que les accusations reposaient sur des « déductions ». Cette affaire survient à quelques mois de la fin du second mandat de Patrice Talon qui doit s’achever en 2026.
Avril – juillet : des performances économiques saluées par les institutions internationales
Sur le plan économique, l’année 2025 confirme la dynamique de croissance observée ces dernières années. Entre avril et juillet, les autorités béninoises enregistrent plusieurs appréciations positives de la part des partenaires techniques et financiers.
En avril, une mission du Fonds monétaire international (FMI) conclut avec le gouvernement un accord dans le cadre de la sixième revue du programme appuyé par le Mécanisme élargi de crédit et la Facilité élargie de crédit. Les échanges mettent en avant une croissance estimée à 7,5 % en 2024, dépassant les projections initiales, ainsi qu’un déficit budgétaire contenu à 3 % du PIB, conformément aux critères de convergence de l’UEMOA.
En juillet, la Banque mondiale souligne, dans ses perspectives économiques, une amélioration des indicateurs sociaux, notamment une baisse du taux de pauvreté. Les projections font état d’une croissance moyenne soutenue sur la période 2025-2027, portée par l’industrialisation, l’agriculture, les services et le développement de la zone industrielle de Glo-Djigbé.
Novembre : une révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale
Dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025, l’Assemblée nationale adopte une révision de la Constitution du 11 décembre 1990, au terme d’une séance plénière.
Le texte, voté à une large majorité, introduit plusieurs changements institutionnels, notamment l’allongement de la durée des mandats électifs, l’harmonisation des calendriers électoraux et la création d’un Parlement bicaméral avec l’institution d’un Sénat. Selon les auteurs de la réforme, ces ajustements visent à renforcer la stabilité institutionnelle et la gouvernance.
Les groupes parlementaires de l’opposition ont exprimé, pour leur part, des réserves sur la procédure et le contenu du texte.
Décembre : une tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel
Le 7 décembre 2025, une tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel a été déjoué grâce à la loyauté des forces républicaines. Dans des communications officielles, le gouvernement a indiqué que la situation a été rapidement maîtrisée par les Forces armées béninoises, permettant le rétablissement de l’ordre républicain.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique s’est prononcé avant la fin de la matinée de cette journée. Le chef de l’État s’est adressé également à la Nation pour réaffirmer l’attachement du Bénin à l’État de droit et à la stabilité démocratique.
Des organisations régionales et des partenaires internationaux ont publié des déclarations officielles condamnant toute tentative de rupture de l’ordre constitutionnel et exprimant leur soutien aux institutions béninoises. A l’intérieur du pays, toutes les voix sont unanimes : la remise en cause de l’ordre constitutionnel au Bénin n’est pas à envisager.
Décembre : une bonne nouvelle sportive à la CAN
Sur le plan sportif, l’année s’achève sur une note positive pour le football béninois. Engagés à la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc, les Guépards réalisent un parcours remarqué en phase de groupes.
Le 27 décembre, le Bénin enregistre une victoire face au Botswana, un résultat historique marquant la première victoire du pays en phase finale de CAN. Quelques jours plus tard, la sélection nationale valide sa qualification pour les huitièmes de finale, une performance déjà atteinte une seule fois auparavant, en 2019.
Malgré une large défaite lors du dernier match de poule, le Bénin termine parmi les équipes qualifiées pour la phase à élimination directe, confirmant la progression du football national sous la direction de son encadrement technique.
Une année charnière pour le Bénin
L’année 2025 aura été marquée par des décisions majeures et des événements structurants pour le Bénin. Entre évolutions institutionnelles, enjeux de gouvernance, performances économiques et résultats sportifs, le pays aborde l’année 2026 dans un contexte d’attentes fortes, notamment à l’approche de l’élection présidentielle.



