La Somalie est reconnue pour son potentiel pétrolier et gazier encore largement inexploité, surtout dans ses zones maritimes. Des études sismiques ont identifié plusieurs blocs prometteurs, dont certains ont été attribués à des sociétés comme Liberty Petroleum et Coastline Exploration, attirant l’intérêt d’autres partenaires internationaux. Jusqu’à présent, les forages commerciaux restent limités, freinés par l’absence d’infrastructures adaptées et les défis sécuritaires. Ces dernières années, les autorités somaliennes ont intensifié leurs démarches pour lancer l’exploration, ouvrant la voie à de nouveaux partenariats et projets concrets.
Cette évolution se traduit aujourd’hui par une initiative annoncée par la Turquie, qui prévoit d’intervenir directement dans les opérations d’exploration en mer, marquant une étape importante dans la relation entre Ankara et Mogadiscio.
Accord bilatéral et arrivée annoncée d’un navire de forage turc
Le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, a annoncé que son pays allait envoyer l’un de ses navires spécialisés en Somalie à partir du mois de février afin de mener des opérations de forage exploratoire. Cette annonce officialise l’entrée de la Turquie dans une phase opérationnelle du projet, après plusieurs mois de préparatifs et de coordination avec les autorités somaliennes.
La participation turque s’appuie sur un accord signé en 2024 entre Ankara et Mogadiscio, portant à la fois sur les questions de sécurité et sur la coopération énergétique. Ce texte prévoit notamment une implication turque dans la protection des côtes et des eaux territoriales somaliennes, un point jugé déterminant pour permettre des activités offshore.
Pétrole en mer et ambitions économiques du pouvoir somalien
Les responsables somaliens voient dans l’exploitation des ressources énergétiques un moyen de soutenir la reconstruction du pays et de renforcer son économie. En septembre 2025, les autorités avaient indiqué que des activités d’exploration pétrolière en mer étaient envisagées à court terme. Cette orientation a été confirmée par le président Hassan Cheikh Mohamoud lors d’un déplacement officiel en Turquie à la fin du mois de décembre.
À cette occasion, le chef de l’État a expliqué que les ressources pétrolières pourraient contribuer au redressement économique du pays, améliorer les conditions de vie et générer de nouvelles recettes publiques. Il a également souligné que cette coopération présenterait un intérêt économique et diplomatique pour la Turquie, sans pour autant préjuger des résultats des futures opérations d’exploration.



