L’intelligence artificielle est désormais capable de produire des images hyperréalistes à partir de simples instructions textuelles. Ces outils, accessibles au grand public, permettent de recréer des visages, des scènes ou des situations qui n’ont jamais existé, parfois sans que la manipulation soit immédiatement perceptible. Sur les réseaux sociaux, ces images circulent rapidement, portées par la viralité des plateformes et la difficulté, pour de nombreux internautes, de distinguer le vrai du faux. Cette capacité technologique, qui ouvre des perspectives créatives inédites, soulève aussi de sérieuses interrogations lorsqu’elle touche à des personnalités publiques et à des sujets sensibles. C’est précisément ce type d’usage qui se retrouve aujourd’hui au cœur d’une affaire judiciaire au Kenya.
Au début du mois de janvier 2026, un membre de la société civile kényane a été inculpé pour avoir diffusé en ligne des images générées par intelligence artificielle représentant le président de la République dans un état critique. Les autorités estiment que ces publications relèvent de la diffusion de fausses informations, un délit réprimé par la législation nationale sur les usages numériques.
Au Kenya une affaire judiciaire autour d’images politiques générées par IA
L’homme poursuivi, Harrison Nyende Mumia, a comparu devant un tribunal de Nairobi le 5 janvier 2026 rapporte le média local TUKO. Âgé de 47 ans, il est connu comme président de la Société des athéistes du Kenya et intervient régulièrement dans le débat public à travers les réseaux sociaux. Selon les éléments versés au dossier par le parquet, il lui est reproché d’avoir publié plusieurs images créées par intelligence artificielle montrant le président kényan allongé sur un lit, présenté tantôt comme gravement malade, tantôt comme décédé.
Ces visuels ont été diffusés à la fin du mois de décembre 2025 sur différentes plateformes, notamment Facebook et Instagram, à partir de comptes attribués à l’intéressé ou utilisant des pseudonymes qui lui sont associés. Les enquêteurs estiment que ces publications ont été faites en connaissance de cause, avec la certitude que les informations véhiculées étaient fausses.
Arrêté le 31 décembre 2025 à son domicile de Komarock, un quartier de Nairobi, Harrison Mumia a été placé en détention avant d’être présenté à un magistrat. Il a finalement obtenu une libération conditionnelle après avoir versé une caution en espèces de 500 000 shillings kényans, soit un peu plus de 3 300 euros, tout en restant soumis aux exigences de la procédure judiciaire.
L’acte d’accusation retient quatre chefs liés à la publication de fausses informations en ligne, en application de la loi kényane sur la cybercriminalité et les abus informatiques. Lors de l’audience, l’accusé a rejeté l’ensemble des charges et plaidé non coupable.
Images du président Ruto et diffusion de fausses informations en ligne
Au centre du dossier figurent plusieurs images attribuées à des générateurs d’images par intelligence artificielle. D’après les documents judiciaires consultés par la presse locale, l’une d’elles montre le président allongé sur un lit, présenté comme mort, tandis qu’une autre le représente dans un état de santé critique à l’hôpital. Les autorités reprochent à Harrison Mumia d’avoir accompagné ces visuels de messages laissant entendre que ces situations étaient réelles.
Ces publications visaient directement William Ruto, élu président du Kenya en 2022. Pour le parquet, la diffusion de telles images, sans indication claire de leur caractère fictif, est de nature à induire le public en erreur et à troubler l’ordre public, en particulier lorsqu’elle concerne la santé ou la vie du chef de l’État.
Lors de l’audience, la défense, assurée par l’avocat Levi Munyeri, a plaidé pour des conditions de libération souples, soulignant que son client dispose d’un domicile connu et ne présente pas de risque de fuite. Le tribunal a accédé à cette demande tout en maintenant les poursuites. La procédure doit se poursuivre avec une conférence de mise en état prévue pour le 19 janvier, étape durant laquelle les parties préciseront leurs arguments et la liste des témoins.
Le parquet a d’ores et déjà annoncé son intention de faire intervenir au moins deux témoins, dont un expert en criminalistique numérique. Ce dernier devrait être chargé d’expliquer la nature des images diffusées, les outils susceptibles d’avoir été utilisés pour les créer et les conditions techniques de leur publication sur les réseaux sociaux.

C’est bien ça l’homme noir. Aucun respect pour soi ni pour les dirigeants. Il utilise ce que le blanc a crée pour se moquer de ses dirigeants.
Manque de classe!
Manque d’intégrité!
Manque de respect de soi!