Ouganda : Yoweri Museveni réélu pour un 7è mandat

Le président ougandais Yoweri Museveni a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle organisée le 15 dans l’ensemble du pays. À l’issue du dépouillement, la Commission électorale a annoncé sa réélection pour un nouveau mandat à la tête de l’État. Ce scrutin, très suivi à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Ouganda, s’est déroulé dans un climat marqué par de fortes attentes politiques. L’opposition a contesté certains aspects du processus, tandis que le pouvoir met en avant la stabilité institutionnelle. L’enjeu central reste la gouvernance du pays pour les prochaines années, dans un contexte de pressions sociales, économiques et démocratiques.

La proclamation des résultats confirme la longévité politique de Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de quatre décennies. Arrivé à la tête de l’État en 1986 après une guerre de guérilla, le chef de l’État a progressivement consolidé son autorité, s’appuyant sur son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM), et sur un appareil sécuritaire puissant. Sa nouvelle victoire renforce sa position, mais relance aussi les débats sur l’alternance politique et l’évolution du système démocratique ougandais. Pour une partie de la population, la continuité du pouvoir est perçue comme un gage de stabilité ; pour d’autres, elle symbolise un verrouillage durable de la vie politique.

Élection présidentielle en Ouganda : un scrutin décisif pour la gouvernance

Le vote organisé le 15 a mobilisé des millions d’électeurs à travers les différentes régions du pays. Les bureaux de vote ont été ouverts dès les premières heures de la matinée, sous la supervision de la Commission électorale et avec la présence d’observateurs nationaux. Les autorités ont insisté sur le respect des règles électorales, notamment en matière de sécurité, de logistique et de transmission des résultats. Dans plusieurs circonscriptions, le processus s’est déroulé sans incidents majeurs, même si des retards et des difficultés techniques ont été signalés dans certaines zones rurales.

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Les principaux candidats en lice ont mené des campagnes axées sur des thèmes comme l’emploi des jeunes, le coût de la vie, la lutte contre la corruption et la réforme des institutions. Yoweri Museveni, de son côté, a mis en avant son bilan en matière d’infrastructures, de sécurité et de croissance économique. Ses adversaires ont, quant à eux, insisté sur la nécessité d’un renouvellement du leadership et d’un renforcement des libertés publiques. Après l’annonce des résultats, l’opposition a exprimé des réserves, évoquant des irrégularités et un climat qu’elle juge peu favorable à une compétition équitable.

Ouganda, élections du 15 et cadre institutionnel du pouvoir

Le processus électoral du 15 s’inscrit dans un cadre légal façonné par plusieurs révisions constitutionnelles. À l’origine, la Constitution ougandaise prévoyait des limites strictes au nombre de mandats présidentiels ainsi qu’un âge maximal pour les candidats. Ces restrictions ont été progressivement levées par le Parlement, ouvrant la voie à de nouvelles candidatures de Yoweri Museveni. Cette évolution a profondément transformé le paysage politique, en renforçant la continuité du pouvoir exécutif.

Le scrutin présidentiel est organisé en même temps que d’autres consultations, notamment législatives, ce qui confère aux élections une dimension nationale majeure. Les campagnes sont encadrées par des règles précises concernant les rassemblements publics, la communication politique et le financement des partis. Toutefois, des organisations de la société civile soulignent régulièrement les déséquilibres entre les ressources du parti au pouvoir et celles de l’opposition. Le jour du vote, les électeurs ont exprimé leurs choix dans un contexte où les enjeux économiques, la situation sécuritaire régionale et les attentes sociales pesaient lourdement sur les décisions individuelles.

Sur le plan historique, l’Ouganda a connu des périodes d’instabilité avant l’arrivée au pouvoir de Museveni. Les conflits internes, les crises économiques et les transitions politiques difficiles ont marqué les décennies précédentes. La stabilité relative observée depuis la fin des années 1980 est souvent mise en avant par le gouvernement comme un argument en faveur de la continuité. Cependant, cette stabilité s’accompagne de critiques sur la concentration du pouvoir, la longévité du leadership et les limites imposées à la contestation politique.

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