Québec : François Legault annonce sa démission de son poste de premier ministre

Le chef de la Coalition avenir Québec a officialisé son retrait de la vie politique ce mercredi 14 janvier 2026, lors d’une conférence de presse organisée à l’Assemblée nationale. Après sept années passées à la tête du gouvernement québécois, l’homme de 68 ans cède face à une impopularité grandissante et des sondages catastrophiques pour sa formation politique. Cette décision ouvre désormais une course à la succession au sein de la CAQ, dans un contexte préélectoral particulièrement tendu. Le premier ministre sortant a toutefois précisé qu’il resterait en fonction jusqu’à la désignation de son remplaçant.

La scène politique québécoise vient de connaître un bouleversement majeur en ce début d’année 2026. François Legault, figure emblématique de la Coalition avenir Québec, a choisi de mettre un terme à sa carrière politique dans des circonstances qui témoignent des difficultés accumulées par son gouvernement au cours des derniers mois. Accompagné de son chef de cabinet Martin Koskinen et de sa conjointe Isabelle Brais, le premier ministre démissionnaire s’est présenté devant les médias dans le hall d’entrée de l’édifice Honoré-Mercier pour officialiser une décision que beaucoup pressentaient sans pour autant l’attendre si rapidement. L’annonce a pris de court l’ensemble de la classe politique, puisque les points de presse et entrevues des ministres caquistes initialement programmés pour la journée ont été annulés dans la foulée de cette révélation.

Chute spectaculaire de la CAQ dans les intentions de vote au Québec

Les données publiées par l’institut Pallas Data quelques heures avant cette annonce illustrent parfaitement l’ampleur du désaveu populaire frappant le gouvernement sortant. La formation politique fondée par François Legault ne recueille plus que onze pour cent des intentions de vote, ce qui la relègue au quatrième rang derrière le Parti québécois, le Parti libéral et les autres formations en lice. Plus révélateur encore, trois quarts des personnes sondées les 9 et 10 janvier ont exprimé une opinion défavorable à l’égard du premier ministre. Cette dégringolade dans l’opinion publique s’accompagne d’une hémorragie au sein même du caucus caquiste, puisque huit députés ont quitté les rangs du parti depuis septembre 2024, parmi lesquels figurent cinq anciens ministres. Le départ le plus retentissant reste celui de Christian Dubé, ex-ministre de la Santé, survenu juste avant les fêtes de fin d’année dans un climat de tensions autour des négociations avec les médecins de famille.

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Le parcours de François Legault dans l’arène politique québécoise s’étend sur près de trois décennies et illustre une trajectoire singulière entre le monde des affaires et les responsabilités gouvernementales. Comptable de formation, cet entrepreneur avait d’abord fait ses armes dans le secteur aéronautique, travaillant successivement chez Nationair et Quebecair avant de cofonder Air Transat en 1986, compagnie qui deviendra l’un des fleurons du transport aérien canadien. Son entrée dans l’arène politique remonte à septembre 1998, lorsque Lucien Bouchard lui confie le portefeuille de l’Industrie au sein du gouvernement péquiste. Élu député quelques semaines plus tard, il représentera successivement les circonscriptions de Rousseau puis de l’Assomption, obtenant la confiance des électeurs à huit reprises consécutives. Ses responsabilités ministérielles le conduiront notamment au Conseil du trésor, à l’Éducation, à l’Emploi et à la Santé, lui permettant d’acquérir une connaissance approfondie des rouages de l’État québécois. La rupture avec le Parti québécois intervient en 2011, année où il fonde la Coalition avenir Québec avec l’ambition de proposer une alternative nationaliste pragmatique aux formations traditionnelles.

Bilan économique et législatif du gouvernement Legault au Québec

Durant son allocution, le premier ministre sortant a tenu à défendre les réalisations de ses deux mandats successifs, évoquant ce qu’il considère comme des avancées significatives pour la province. Son gouvernement a notamment fait adopter des textes législatifs structurants en matière d’identité québécoise, à l’image de la Loi sur la laïcité de l’État et de la réforme linguistique visant à renforcer la place du français comme langue officielle et commune. Sur le plan économique, François Legault a souligné les efforts déployés pour attirer les investissements et réduire l’écart de richesse entre le Québec et le reste du Canada, reconnaissant toutefois que les citoyens n’ont pas toujours ressenti concrètement ces améliorations. L’ombre des dossiers Northvolt et Lion électrique plane néanmoins sur ce bilan que le premier ministre qualifie globalement de positif malgré quelques revers. La question de l’immigration temporaire constitue un point de friction majeur avec Ottawa, François Legault déplorant que l’afflux de nouveaux arrivants ait contribué à fragiliser la position du français, particulièrement dans la région métropolitaine de Montréal.

Les défaites successives lors de trois élections partielles, dont deux dans des circonscriptions historiquement acquises à la CAQ comme Jean-Talon et Arthabaska-L’Érable, avaient déjà fragilisé considérablement la position du chef caquiste. Porté au pouvoir en 2018 puis reconduit avec une majorité écrasante de quatre-vingt-dix sièges en 2022, François Legault a dû affronter la pandémie de COVID-19 dès le début de son premier mandat, une épreuve qui avait paradoxalement renforcé sa popularité avant que celle-ci ne s’érode progressivement. En quittant la scène politique, il laisse derrière lui une formation en quête de renouveau et une province confrontée à des défis majeurs en matière linguistique, économique et identitaire. La course à sa succession s’annonce déterminante pour l’avenir de la Coalition avenir Québec, à moins d’un an des prochaines élections provinciales.

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